converseL’OFNI de la semaine : la basket déjà sale

Par Thoaï Niradeth le 15/04/2016
la basket déjà sale

Il y a fort à parier que l’OFNI (Objet Fashion Non Identifié) de la semaine sommeille déjà dans votre placard. Nous décodons pour vous le phénomène de la basket déjà sale.

La mode est l’art de susciter le désir et de transcender toute pulsion d'achat en besoin vital-crucial-génial. C’est aussi la science de se réinventer et de remixer à l’infini. Rien ne se perd tout se transforme. L’OFNI de la semaine cristallise à lui seul tout cet art de faire du neuf avec du vieux. Les sneakers commercialisées préalablement salies ou abîmées, souvent à prix d’or, font une apparition remarquée sur les étalages. (Photo: défilé Saint Laurent Éte 2016)

Il fallait y penser

Comme pour tout produit à la mode, il est possible d’établir des points communs entre les différents modèles repérés cette saison. Relativement simple, leur design ne s’éloigne pas beaucoup de la basket militaire ou de la tennis rétro (type Stan Smith) desquelles elles tirent leur inspiration. En conséquent elles sont généralement blanches - à la base, ce qui semble logique afin que le concept de saleté soit des plus lisibles.
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Ci-dessus : défilé Saint Laurent Éte 2016, Converse by John Varvatos (150€), Baskets montantes Saint Laurent (495€)

Ainsi, un des best-sellers de la Maison Margiela demeure aujourd'hui sa paire de sneakers "tâches de peinture". Ce modèle emblématique fait d’ailleurs partie de la collection permanente de la marque dont deux des codes forts sont le détournement et la récupération. Elle questionne ainsi le soi-disant bon goût et navigue entre le beau et le laid afin de proposer une esthétique alternative. #précurseur
Saint Laurent, sous l’impulsion de Hedi Slimane, propose un modèle de basket immaculée préalablement abîmée. On y voit presque un pied-de-nez de la part de son directeur artistique omnipotent à qui l’on reproche parfois l’esprit fripes de luxe de ses collections.
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Ci-dessus: Baskets "Replica", Maison Margiela (470€)

Génie absurde

Si nous étions familiers avec les jeans délavés, t-shirts et autres hoodies troués vendus une fortune (Balmain, Yeezy…), c’est un nouveau cap franchi dans le genre. Que l’on comprenne et cautionne ou non cette tendance, on salue le culot des créateurs et une certaine auto-dérision du luxe en général, qu’il s’agisse des grandes maisons ou de leurs clients eux-mêmes. Si les baskets déjà sales ne se vendent pas par containers entiers, elles feront parler les plus dubitatifs et parviendront peut-être à faire se déplacer les curieux en boutique. Pari gagné !
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Ci-dessus : baskets "Super Star", Golden Goose Deluxe Brand (300€)