De New York à Paris, en passant par Londres et Milan, les défilés de la Fashion Week femme automne-hiver 26/27 ont été marqués par un retour des tendances d'il y a vingt ans. La nostalgie a parfois du bon, mais pas toujours !
Si le style Gossip Girl et le fameux ensemble en jean de Justin Timberlake vous manquaient, réjouissez-vous, ils sont de retour ! Avec ses nombreuses références aux années 2000, la période de Fashion Week femme automne-hiver 26/27 qui vient de s'achever a en effet rappelé que la mode est un éternel recommencement. Avec plus ou moins de bonheur…
À FOND : le total look cuir
Comment pourrait-on oublier le trench en cuir de Neo dans Matrix (1999), et la mode qu'il a lancée au début des années 2000 ? Eh bien figurez-vous que le cuir fait son grand retour. Bon, il était déjà en germe la saison précédente, notamment chez Versace, dirigée à l’époque par Dario Vitale. Mais contrairement à la manière dont l’Italien l'avait utilisé, avec une touche western très années 1980, la matière se décline cette saison sous un angle minimaliste : boss lady en cuir bordeaux chez Calvin Klein, maîtresse stricte en trench XXL à fleurs chez Erdem, ou encore butch en combinaison de travail chez Burberry. On valide.
ATTENTION : le smoking canadien
On se souvient de la robe iconique de Britney Spears en 2001, entièrement en denim, mais surtout du costume de son copain de l’époque, Justin Timberlake, dans la même matière. Ce phénomène kitsch avait même reçu un nom : le smoking canadien, officiellement banni ensuite par la police de la mode. Mais voilà que les ensembles en jean reviennent par la fenêtre. Spécialisé dans le denim, Diesel le travaille en trompe-l'œil, quand Proenza Schouler joue les tendances 2010 avec une coupe basque, et Fendi opte pour la sobriété d'un ensemble minimaliste. Attention, tout de même, avec le denim de la tête aux pieds : hors des podiums, l'affaire peut vite tourner à la catastrophe stylistique dans la vraie vie.
À FOND : l’indie sleaze dans toute sa splendeur
Longue vie aux fêtardes ! Il y a déjà plus de dix ans, la série Gossip Girl consacrait le look de la "party girl", évolution de l'indie sleaze qui mêlait les inspirations et des pièces qui n'allaient pas forcément ensemble pour créer une vision de la fille je-m'en-fous-et-c'est-cool. Sur les podiums : des robes près du corps et des chaussures brillantes chez Gucci, du satin déchiré façon fin de soirée chez Prada, et une tenue inspirée du personnage iconique de Jenny Humphrey dans Gossip Girl chez 7 for All Mankind. Ressortez les minijupes du placard et allez faire la fête !
ATTENTION : héroïne, ce n'est plus chic
Avec l’esthétique de la fêtarde, revient aussi celle des mannequins ultra-minces, qu’on appelait "héroïne chic", en référence à l’utilisation régulière de substances pour rester maigre. Une tendance lancée par les top-models à l'époque, comme Kate Moss ou encore Jaime King, qui s'opposait à la "propreté" incarnée par d'autres modèles comme Cindy Crawford ou Claudia Schiffer. Une trend qui a commencé déjà lors des présentations printemps/été 2026 et que le rapport d’inclusivité de Vogue Business n'a pas manqué de relever, ainsi que l'ancienne couturière, devenue peintre, Sophia Lang dans les pages de têtu·. Cette saison, on a observé la minceur extrême notamment chez Gucci, Prada et Miu Miu. Si on adore les micro robes et les paillettes, on a envie de les voir portées par différents types de corps !
À FOND : Fourrures, toujours plus grandioses
Dans les années 90-2000, les designers avaient une vraie obsession pour les pays de l'Est, notamment la Russie. Un monde fermé auparavant, s'ouvrait pour la première fois et de John Galliano à Yves Saint Laurent, en passant par Jean-Paul Gaultier, ils ont tous mis une touche de fourrure dans leurs collections, en référence au vestiaire des femmes moscovites. En gros manteau jusqu’aux pieds ou en ornement d’une veste en cuir, la (fausse) fourrure était un leitmotiv des défilés cette saison : étoffe rose flashy de Bottega Veneta, une veste plus discrète comme chez Gucci ou fantaisie bohème chez Etro, l'automne sera doux !
ATTENTION : des slims même sans Slimane
Les jeans slim de 2012 sont de retour et font sensation sur les podiums. Popularisés par Hedi Slimane, photographe et ancien directeur artistique de Saint Laurent, Dior et Celine, il avait créé des collections entières à l'inspiration rock chic, composées de vêtements près du corps. En cuir chez Hermès, en couleurs chez Chloé, ou encore avec des fentes sur les côtés comme chez Gucci, cette année ils se déclinent à l'envi. Mais si on les a laissés en 2012, c'est pour une bonne raison : comme tous les extrêmes, les jeans trop serrés, comme les trop larges, peuvent très vite créer une silhouette disproportionnée. Et ne parlons pas du choix des chaussures qui devient impossible et l'inconfort garanti !
ATTENTION : le minimalisme : simple et efficace.
Le minimalisme est de retour ! Certains l’aiment, d’autres le détestent. On y était habitués chez Calvin Klein ou Jil Sander, qui en ont fait dans les années 2000 leur marque de fabrique, la grande surprise cette saison nous vient de Fendi sous la nouvelle direction de Maria Grazia Chiuri. La marque romaine dont l'ADN se définissait par son opulence, range les fourrures immenses et les sacs fantaisie, nous propose désormais une collection épurée. Simple. Basique. On aime mais attention ce n'est pas pour autant qu'on devrait jeter nos pulls rose fuchsia et les bijoux plus blingbling.
À FOND : XXL, c’est mieux
Fini les micro sacs ! Cette saison, on voit les choses en grand. Au tournant du siècle, les gros sacs signés Louis Vuitton, Chloé ou encore Gucci régnaient les podiums et les rues. Cet hiver : pochettes, cabas, en bandoulière, il y en a pour toutes les occasions et ils sont tous en format XXL ! Ferragamo revisite les incontournables de la marque, Bottega Veneta joue avec de la fourrure et Fendi impose le cuir vernis noir.
ATTENTION : Des mascus sur le podium !
On aurait aimé oublier les machos viril des années 2000 avec leurs idées coincées dans les années 50 mais hélas ils sont mis en valeur plus que jamais. À New York, la jeune créatrice Elena Velez a fait défiler Clavicular, influenceur viriliste et visage du mouvement "lookmaxxing”"qui incite les hommes à se casser la mâchoire afin d’avoir un visage plus carré. Comme quoi la phrase "il faut souffrir pour être belle" est toujours d’actualité en 2026, même si on aurait préféré qu’elle appartienne au passé.
À FOND : libérons le téton !
Les tétons font toujours débat. En 2004, lors de la performance de Janet Jackson et Justin Timberlake au Super Bowl, l'ex-membre de NSYNC avait malencontreusement arraché une partie du bustier de la sœur du roi de la pop. Cet incident avait provoqué un énorme scandale aux États-Unis, connu sous le nom "Nipplegate". Aujourd'hui, si le festival de Cannes a interdit les vêtements jugés "trop révélateurs" sur les marches, les tétons prennent le pouvoir comme dans la tenue de Chappell Roan aux derniers Grammy Awards. À Milan, les créateurs, de Meryll Rogge pour Marni à Prada ou GCDS, ont joué avec cette tendance "Free the Nipple" (Libérez le téton) en usant de nacres ou de superpositions.
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Crédit photo d'illustration : Fendi