Associations LGBT à l’Elysée : ce que Macron leur a promis

Une réunion s'est tenue ce jeudi 22 novembre à l'Elysée entre Emmanuel Macron et une quinzaines de représentant.e.s d'associations LGBT pour évoquer la recrudescence des agressions et le calendrier de la loi sur la PMA pour toutes.

La réunion aura duré près de 2h30. Plusieurs associations LGBT+ ont été reçu ce jeudi 20 novembre à l'Elysée par Emmanuel Macron et Marlène Schiappa. Ont été évoqués pêle-mêle le calendrier de la loi bioéthique, la recrudescence des agressions LGBTphobes ou encore La manif pour tous.

Parmi les associations présentes se trouvaient, entre autres, l'Association des familles homoparentales (ADFH), Sos Homophobie, l'Inter LGBT, l'Association Nationale Transgenre (ANT), le Refuge, le Mag jeunes LGBT, Urgence homophobie ou encore Flag!.

Un calendrier encore flou sur l'ouverture de PMA...

Lors de cette réunion, le président se serait notamment engagé à ce que la loi bioéthique, incluant la PMA pour toutes et la réforme de la filiation, soit promulguée en 2019. "Emmanuel Macron s’est réengagé à faire la PMA et a assuré qu'il ne fera pas les erreurs commises par ses prédécesseurs", confirme le président de SOS Homophobie Joël Deumier. Il souhaite également la reconnaissance par l'Etat français des enfants nés par GPA à l'étranger.

Sur le calendrier, Emmanuel Macron ne s'est pas trop avancé. Il a annoncé la constitution d'une commission inter-parlementaire "fin février" pour préparer le texte et continuer le débat avant un passage devant le Conseil d'Etat et en Conseil des ministres courant mars, sans donner de date sur un futur débat au Parlement.

Une attente pointée du doigt par les associations qui craignent une libération de la parole homophobe pendant de ce laps de temps. Sur ce point, le président aurait répété à plusieurs reprises ne pas vouloir "passer cette loi à la hussarde" et souhaiter avoir une consultation la "plus large possible".

"Il a encore la confiance des principales associations, mais il tire un peu sur la corde, glisse à TÊTU le président de l'ADFH Alexandre Urwicz. J’espère que cette date de 2019 sera tenu. Si ça n'est pas le cas, il n’aura plus aucun crédit auprès des associations LGBT."

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De vifs échanges

Des propos qui n'ont pas du tout convaincu Alice Coffin, porte-parole de la Conférence européenne lesbienne et Veronica Noseda, secrétaire générale des Dégommeuses, qui ont quitté la table au bout d'une heure. "On ne peut pas discuter avec quelqu’un dont le gouvernement ne respecte pas la parole donnée", estime Alice Coffin auprès de TÊTU.

Les deux femmes, conviées à la dernière minute après avoir dénoncé sur les réseaux sociaux l'absence d'organisations lesbiennes à cette réunion, ont dénoncé un énième report de la loi et rappelé les engagements de Benjamin Griveaux et de Marlène Schiappa à faire passer la loi en Conseil des ministres avant fin 2018.

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"Macron s'est désolidarisé de la parole de ces ministres et nous a répondu qu'il n'y avait aucun report puisqu'il n'avait jamais pris d’engagement autre que celui de légaliser la PMA pour toutes pendant son quinquennat", souffle Alice Coffin. Marlène Schiappa aurait d'ailleurs confirmé s'être engagée un peu vite sur ce sujet.

Des échanges vifs s'en sont suivis. Emmanuel Macron aurait reproché aux deux femmes de se comporter en "procureures" plutôt qu'en "militantes". "Il nous a rappelées que l’on ne respectait pas le cadre de la République (ton employé et accusations de mensonges) Ce à quoi j’ai répondu que c’était la République qui ne me respectait pas en tant que lesbienne."

Une association présente sur place, contactée par TÊTU, dit "comprendre la colère", mais évoque des propos "un peu irrespectueux" des deux femmes à l'égard du président.

Bientôt des moyens supplémentaires ?

Les récentes agressions LGBTphobes à Paris et dans tout l'hexagone ont été le deuxième sujet majeur de cette réunion. Sur ce point, Emmanuel Macron aurait annoncé le déblocage de 300.000 euros pour une campagne de communication contre les LGBTphobies en milieu scolaire en janvier 2019. Une annonce déjà faite par le ministre de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer dans le dernier numéro de TÊTU paru mercredi 21 novembre.

Emmanuel Macron aurait ensuite annoncé la publication dans les prochaines semaines d'une circulaire pour intégrer des cours sur la vie affective et sexuelle dès l'école primaire, dès le Cours préparatoire en école primaire. "Le président a beaucoup parlé du rôle de l’éducation nationale dans la lutte contre l'homophobie, abonde Nicolas Noguier, président du Refuge. Notamment dans les territoires ultra-marins et en milieu rural".

Sur les questions d'éducation, Joël Deumier a de son côté demandé au président la création d'un brevet sur les discriminations et que les luttes LGBT soient inscrites dans les manuels d'histoire  - à l'image de ce qui vient d'être mis place en Ecosse -. Le président se serait montré favorable à ces deux mesures.

Des mesures actées en Conseil des ministres

Enfin, le déblocage d'une somme de 1,5 millions d'euros a été évoquée, sans que les associations contactées par TÊTU puissent en donner les détails. Ce chiffre n'est pas sans rappeler celui alloué chaque année à la Dilcrah pour lutter contre les haines LGBTphobes (soutien aux associations, coup de pouce pour les projets culturels et sportifs...etc).

On devrait en savoir plus lundi prochain à l'issue du Conseil des ministres. C'est là que la Secrétaire d'État chargée de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa, devrait acter une partie de ces mesures.

Crédit photo : Urgence homophobie


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