facebook

Hoshi : « Les propos homophobes me révoltent »

La chanteuse Hoshi a sorti lundi "Amour Censure", un titre en réponse aux manifs anti-PMA. Pour TÊTU, elle revient sur son coming out et sur pourquoi ce titre lui tenait à coeur.

Tu as dévoilé le clip "Amour censure" lundi, en réponse aux manifestations anti-PMA qui ont eu lieu dimanche. Tu vas vraiment nous faire croire que c'était pas prévu ?

En tout cas, c'était pas prévu de sortir la chanson aussi tôt ! (rires) On a tourné le clip samedi, à Passy (dans le seizième arrondissement de Paris, ndlr) où il y avait un rassemblement anti-PMA pour toutes. Y'avait très peu de personnes d'ailleurs, ça m'a rassurée. Ils distribuaient des tracts qu'on n'avait pas envie de lire, alors comme réponse, mon ami Marc a embrassé un garçon devant eux, comme on peut le voir dans le clip. On a monté dimanche, et lundi, on a posté la vidéo.

En effet, c'est rapide ! Pourquoi cet empressement ?

J'avais besoin de parler de ça maintenant. Les débats sur la PMA, et les propos homophobes qui inondent les réseaux sociaux me révoltent. Sur Twitter, j'ai l'habitude de répondre, mais je voulais répondre autrement, de manière plus universelle.

Dans le message que tu as posté pour accompagner la vidéo, tu sembles dire pour la première fois ton homosexualité. Tu en avais déjà parlé dans Paris Match, non ?

Je n'ai pas aimé la manière avec laquelle Paris Match m'en a fait parler. Je ne me suis jamais cachée, je n'ai jamais menti, quand on me pose la question je réponds honnêtement. Mais ils sont venus me voir jouer pour leur rubrique musique, on a fait une interview le lendemain, on m'a posé des questions là dessus, j'ai parlé des agressions homophobes, et ce qui a été écrit... c'était pas mes mots exacts. Mais tant pis, c'est le jeu.

Tu n'étais pas prête à en parler aussi frontalement ? 

Je ne trouvais pas ça cohérent avec mon projet. Je ne parlais pas du tout de ça dans mes chansons. Mon personnage, c'était Hoshi, et les chansons c'était Hoshi aussi... Aujourd'hui, alors qu'Hoshi s'empare de ces sujets, ça fait sens d'en parler.

C'est pour ça que tu parles à un homme dans "Ta marinière" ? 

Sur les pronoms, j'essaye de toujours fait attention. On ne sait jamais trop si je parle d'un homme ou d'une femme, surtout parce que j'ai toujours voulu que tout le monde puisse se reconnaître dans mes chansons. Mais au fond ça me brisait le cœur de ne pas le dire.

Dans le post Facebook qui accompagne la chanson, tu racontes aussi un peu l'agression homophobe dont tu as été victime... 

J'ai vécu deux agressions homophobes. La première en troisième, où je me suis fait agressée dans la cour alors que je ne savais même pas encore quels mots mettre sur ce que je ressentais. J'étais assez masculine... En y réfléchissant, je me dis que la fille qui m'a frappé la tête contre la glace a presque su que j'étais lesbienne avant moi. J'ai beaucoup souffert, moralement et physiquement. Je n'ai pu dire à personne pourquoi elle m'avait frappée.

Et puis l'année suivante, j'ai commencé à prendre position contre les LGBTphobies sur Facebook, Twitter... Une copine de la première fille qui m'avait agressée a du vouloir la venger. On s'est croisées en bas de chez moi, j'étais avec une amie, et elle a commencé à me frapper en balançant des insultes homophobes... Cette fois, j'en ai parlé, j'ai porté plainte. Mais elle n'a eu qu'un rappel à la loi car elle était mineure...

Prendre position aujourd'hui c'est aussi un moyen de rassurer les filles qui sont au collège dans la même situation que tu étais ? 

Complètement. Quand je vois des artistes comme Pomme, Eddy de Pretto... Ce sont des modèles pour les jeunes LGBT. Même Angèle, quand elle chante "Ta Reine", on se rend compte que le combat est devenu universel. Il s'est passé quelque chose dans la musique, et c'est tant mieux, car quand j'étais plus jeune, j'aurais bien aimé écouter des chansons comme ça. Des chansons auxquelles je pouvais m'identifier. Si j'ai sorti ce titre, c'est aussi pour toutes les petites filles qui se posent des questions.

A LIRE AUSSI : Pomme : "Si je dis que je suis lesbienne, ça va être le titre de l'article" 

Tu n'as pas peur de devenir la "chanteuse lesbienne" de service ? 

Si on m'interroge à ce sujet aujourd'hui, je ne suis pas sûre que ça me dérange. Maintenant que c'est dit, je ne vais pas revenir dessus !

 

Hoshi sortira son prochain disque au printemps 2020. Stay tuned ! 

 


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail