musiqueEurovision 2026 : de Boy George à Søren Torpegaard Lund, 5 artistes LGBT à suivre

Par Thomas Pouilly le 07/05/2026
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L'édition 2026 de l'Eurovision, notre grand-messe queer qui fête ses 70 ans, se tient à Vienne, en Autriche. En attendant la finale du 16 mai, focus sur les artistes LGBT à suivre cette année au concours européen de la chanson.

Bon anniversaire l'Eurovision ! Dany Dauberson, Jean-Claude Pascal, Patrick Juvet, Dana International, Marija Šerifović, Loreen, Conchita Wurst, Bilal Hassani, Nemo... En soixante-dix ans d'existence, le concours européen de la chanson aura donné un coup de projecteur à nombre d'artistes LGBT, en plus de s'installer comme un rendez-vous aussi camp que kitsch que l'on adore regarder entre potes. À l'approche de la finale 2026, le 16 mai à Vienne, en Autriche, on vous présente cinq artistes prêts à porter haut et fort les couleurs de l'arc-en-ciel sur la scène du Wiener Stadthalle.

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Søren Torpegaard Lund, Danemark

“Un de mes  plus grands souvenirs, c’est quand Conchita Wurst a gagné. Ça m’a énormément marqué dans  mon adolescence en tant que jeune queer, pour rester fort, découvrir qui j’étais et l’affirmer ouvertement”, se souvient Søren Torpegaard Lund, aujourd’hui fiancé à un garçon rencontré pendant sa formation en comédie musicale.

Pour avoir interprété son titre, lors des sélections, vêtu d’un pantalon en cuir et d’un haut en résille, ce représentant du Danemark a reçu dans son pays une vague de réactions homophobes. "Je déteste voir que ça arrive encore. Mais je vais m’efforcer de rester fidèle à moi-même", a réagi le chanteur de 27 ans. Il aurait tort de changer : avec "Før vi går hjem" ("Avant de rentrer chez nous" en danois), ode pop aux boîtes de nuit qui évoque l’attrait paradoxal pour les relations toxiques, Søren Torpegaard Lund fait partie des favoris pour la victoire.

Akylas, Grèce

Akylas mène plutôt bien sa barque, après avoir débuté en chantant sur des bateaux de croisière. L'artiste queer de 27 ans, qui ne quitte jamais son bonnet à oreilles de chat et ses lunettes de soleil, perce en 2021 grâce à ses reprises sur TikTok, puis participe l’année suivante à la version grecque de The Voice.

À l’Eurovision, il vient avec "Ferto" ("Apporte-le"), savant mélange de sonorités grecques et d'univers de jeu vidéo, une chanson qui a le chic pour rester longtemps en tête. Ce titre pop énergique, favori des bookmakers, sert un propos sur le consumérisme ainsi que le message d’un fils assoiffé de gloire et de fortune, qui voudrait couvrir sa mère de cadeaux "pour que  nous ne manquions plus jamais de rien". Le trophée de l’Eurovision ? Ferto !

Lion Ceccah, Lituanie

Douze ans après la victoire mémorable de Conchita Wurst, c’est par l’un des visages importants de la scène drag lituanienne, Lion Ceccah, que le pays balte a décidé de se faire représenter cette année. Avec "Sólo quiero más" ("Je veux juste  plus"), un morceau pop théâtral et assez sombre mélangeant le lituanien, l'anglais et l'espagnol,  l’artiste de 34 ans livre une chanson entêtante. 

À travers ce titre, Lion Ceccah incarne un être mi-humain mi-robot qui, à force de vivre en pilote automatique en se laissant dicter ses décisions par les algorithmes et la routine, réalise qu’il ne ressent plus rien. Entièrement recouvert de maquillage argenté sur scène, il interroge : et si on se mettait à désirer davantage de sentiments, de contacts humains et d’authenticité ?

Senhit et Boy George, Saint-Marin

Surprise ! Le micro-État de Saint-Marin a frappé fort cette année puisque la chanteuse Senhit, déjà deux fois candidate au concours, s'associe à Boy George, l'iconique chanteur de Culture Club, pour le titre "Superstar".

Le duo présente une chanson très Eurovision qui emprunte autant au disco qu'à l'eurodance des années 90. Kitsch ? Certes, mais après tout, on vient aussi pour ça – et pour les costumes à à pattes d'éléphant en lamé argenté !

Veronica Fusaro, Suisse

"Si quelqu’un s’oppose à cette union, qu’il parle maintenant ou se taise à jamais !" Dans le clip de son titre "Alice", le personnage campé par Veronica Fusaro n’intervient pas, même si la tentation semble grande… Mais qui est-elle pour Alice, au juste ? Une amie inquiète de la voir s’enfermer dans un mariage toxique, ou une amoureuse jalouse ?

Interrogée sur le sous-texte lesbien du clip de sa touchante ballade rock, la chanteuse de 29 ans n’a écarté aucune interprétation. "La connotation queer fait du bien au monde. Je puise dans ma propre vie. C’est beau de pouvoir représenter cela dans mon parcours", a-t-elle simplement commenté, soulignant que "le thème central du titre reste la violence faite aux femmes".

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Crédit photomontage d'illustration : Eurovision Song Contest / Instagram @boygeorgeofficial