« Seropos VS Grindr » : le compte Instagram qui dénonce la sérophobie

Fred Colby et Julien Ribeiro ont décidé de montrer en images, les violences à l'encontre des séropositifs. "Seropos VS Grindr" met l'accent sur la sérophobie dont certains utilisateurs des applications de rencontre font preuve.

Depuis une semaine, Instagram s'est doté d'un tout nouveau compte qui véhicule un message des plus essentiels. "Seropos VS Grindr" montre la sérophobie dont sont victimes les utilisateurs séropositifs de Grindr. Une compte qui s'inspire de "Personnes racisées VS Grindr", pointant du doigt le racisme fréquent sur l'application. A l'origine de ce compte, Fred Colby et Julien Ribeiro, deux militants qui en ont assez de voir la violence perpétrée à l'encontre des personnes vivants avec le VIH.

"Depuis un an, on discute beaucoup du mot 'clean', qu'on peut voir sur les applications de rencontres", raconte Fred Colby pour TÊTU, et à force d'en parler, des gens ont commencé à m'envoyer leur capture d'écran". L'idée ? Déconstruire la séropohobie et la comprendre. "On veut montrer ce que le statut sérologique d'une personne peut déclencher chez les gens, notamment sur Grindr qui est l'appli la plus connue et la plus discriminante", explique le militant de Parcours Positif.

Sur la page Instagram, on est témoin d'une violence inouie à l'encontre des personnes séropo. "On veut montrer que le côté anonyme de Grindr déclenche chez les gens des réactions irrationnelles et parfois très violentes. Et ça arrive car les gens se cachent derrière un écran", explique t-il.

A LIRE AUSSI : Pourquoi il ne faut (toujours) pas dire "clean" quand on parle du statut sérologique 

Un esprit pédagogue

Néanmoins, loin de là l'idée de mettre au pilori ces utilisateurs. "Seropos VS Grindr" est avant tout un compte Instagram se voulant pédagogue. "On veut provoquer des réactions, oui, soutient Fred, mais au delà de dénoncer, on veut surtout déconstruire cette sérophobie et la comprendre."

En faire un compte Instagram permet également de toucher un autre public, comme le précise Fred Colby : "Instagram est un média puissant. Je voulais toucher un autre public qui n'est pas forcément sur Twitter [...] L'idée c'est de toucher des gens plus jeunes avec le média de l'image et ça fonctionne plutôt bien". En quelques jours d'existence, "Seropos VS Grindr" compte plus de 1400 abonnés.

Et à force de marteler le message, celui-ci est entendu et compris. "Aujourd'hui, il y a même des séronégatifs qui viennent m'envoyer des captures d'écran et ça me fait plaisir", confie Fred, "On voit qu'eux aussi savent faire de la prévention et deviennent des ambassadeurs".

À LIRE AUSSI : Pourquoi il ne faut (toujours) pas dire « clean » quand on parle du VIH


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail