grèveUn collectif queer organise deux soirées en soutien aux grévistes de l'hôtel Ibis Batignolles

Par Timothée de Rauglaudre le 14/01/2020
ibis Batignolles

Mobilisés dans le mouvement contre la réforme des retraites, le Comité de libération et d'autonomie queer (CLAQ) organise ce week-end deux soirées festives et politiques. La totalité de l'argent récolte servira à soutenir les femmes de chambre de l'hôtel Ibis Batignolles, à Paris, en grève depuis bientôt six mois.

La convergence des luttes en action. Le Comité de libération et d'autonomie queer (CLAQ) organise ces vendredi 17 et samedi 18 janvier deux soirées, respectivement au Garage Mu (Paris 18e) et au Klub (Paris 1er) en soutien aux femmes de chambre grévistes de l'hôtel Ibis Batignolles. "C’est le résultat d’une démarche qui fait notre groupe depuis le départ : celle de soutenir les luttes pour la justice sociale, écologique, les droits des migrants, et renforcer notre complicité avec d’autres groupes miliants qui ne sont pas forcément transpédégouines", explique Camille, membre du CLAQ.

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La rencontre s'est fait au fil d'événements militants, notamment une soirée organisée par le Collectif féministes révolutionnaires, créé en réaction à la loi travail en 2016. En effet, depuis le 17 juillet 2019, une vingtaine de femmes de chambre de l'hôtel Ibis Batignolles, dans le 17e arrondissement, sont en grève pour protester contre leurs conditions de travail, notamment dégradées par la sous-traitance. Pour compenser les pertes de revenus, elles peuvent compter sur le syndicat qui les soutient, la CGT-HPE, qui a mis en place une cagnotte en ligne. Mais, "quand on est en grève depuis longtemps, évidemment que ce n'est pas suffisant", estime Camille. "Ça a aussi une fonction politique, ajoute le militant. Quand on atteint des montants importants, ça permet aussi d'effrayer le patronat et le gouvernement."

"Espaces queers" dans les mouvements sociaux

Monter un événement pour soutenir une caisse de grève, c'est une première pour le CLAQ. Mais le collectif queer a, depuis plusieurs années, tissé des liens avec d'autres luttes sociales. Créé en 2017, il s'était fait connaître à ses débuts en bloquant en juin le cortège "LGBT - En Marche" à la Marche des fiertés parisienne, puis en déroulant en juillet, sur le Pont des Arts, une banderole indiquant "Macron starves the migrants: queers against borders" (en français, "Macron affame les migrants : queers contre les frontières"). Le groupe est présent depuis le mouvement des "gilets jaunes", et depuis le 5 décembre dans les manifs anti-réforme des retraites, où il forme des "Pink blocs", "espaces queers" dans le mouvement social.

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Les "deux temps" de soutien aux grévistes ont été choisis à dessein. Le vendredi soir, au Garage Mu à 19 heures, les participants pourront rencontrer les femmes de chambre en lutte de l'hôtel Ibis, mais aussi le Collectif féministes révolutionnaires. "L’idée n’est pas uniquement de faire une soirée pour faire la fête et ramener de l’argent, mais aussi discuter de leurs luttes et de comment on est aussi affectés par les réformes du gouvernement", développe Camille. Une vidéo réalisée par les grévistes sera projetée. Puis suivront des performances et un DJ set de Friction Magazine. Le samedi soir, au Klub à partir de minuit, s'inscrira dans une "démarche plus festive", avec notamment des performances du groupe Bagarre et de la DJ Leslie Barbara Butch.

 

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