Une personne LGBT+ sur quatre a été déjà agressée au travail

D’après le nouveau baromètre de l’association L’Autre Cercle, un quart des salariés LGBT+ ont déjà subi une agression physique ou verbale au travail. Plus de la moitié ont déjà eu des pensées suicidaires.

C’est un chiffre déroutant. Une personne LGBT+ sur quatre dit avoir déjà subi, sur son lieu de travail, une agression physique ou verbale en raison de son orientation sexuelle ou de son identité de genre. C’est ce que montre le deuxième baromètre de l’association L’Autre Cercle, qui milite depuis 1998 pour un « monde professionnel épanouissant, inclusif et respectueux de toutes les personnes dans toute leur diversité quelle que soit leur orientation sexuelle ou identité de genre« , en partenariat avec France Télévisions et PwC.

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Cette enquête, dont les résultats ont été dévoilés mercredi 12 février, a été réalisée en ligne par l’IFOP entre le 12 et le 14 avril 2019 auprès de 1.229 personnes LGBT+, puis entre le 4 et le 30 novembre sur un échantillon de 16.953 salariés et agents travaillant dans une des organisations signataires de la charte de l’engagement LGBT+ de L’Autre Cercle. Parmi les personnes sondées, 10 % disent avoir subi une agression physique ou sexuelle, et 11 % affirment avoir déjà été menacées d’outing.

Pensées suicidaires

Et, sur le lieu de travail aussi, les discriminations se cumulent : d’après le baromètre, 34 % des salariés « non blancs » disent avoir été visés par des LGBTphobies sur leur lieu de travail, et 40 % des LGBT + musulmans, contre 18 % de l’ensemble des salariés sondés. Qu’il s’agisse d’agressions physiques ou de LGBTphobie ordinaire, ces situations discriminatoires ont des conséquences dramatiques, puisque 53 % des salariés LGBT+ disent avoir eu, après des mots ou des agissements de ce type, des pensées suicidaires.

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Pour échapper à ces agressions, certains préfèrent rester dans l’ombre. Le deuxième baromètre de L’Autre Cercle dévoile ainsi qu’une personne LGBT+ sur deux seulement est « visible » auprès de ses collègues de travail de même niveau hiérarchique, tandis que l’autre moitié cultive la discrétion quant à son orientation sexuelle ou son identité de genre. Même au sein des organisations signataires de la charte de l’engagement, initiée par L’Autre Cercle en 2012, seuls deux salariés LGBT+ sur trois est « visible« . Le chemin reste encore long.

 

Crédit photo : Pixabay


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