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Marlène Schiappa annonce un plan pour les jeunes LGBT+ en situation d’urgence

La secrétaire d'Etat à la lutte contre les discriminations a annoncé ce vendredi un plan pour venir en aide aux jeunes LGBT+ victimes de violences familiales.

Malgré les demandes de TÊTU, c'est dans les colonnes de Libération que Marlène Schiappa, secrétaire d'Etat à l'Egalité entre les femmes et les hommes et à la Lutte contre les discriminations a choisi de détailler le plan tant attendu du gouvernement pour venir en aide aux jeunes LGBT+ en situation d'urgence.

Il y a deux semaines, Guillaume Mélanie, le président d'Urgence Homophobie, alertait sur Twitter de la situation critique de Damir, un jeune gay de la banlieue sud de Lyon, que le père forçait à se masturber - devant lui - sur du porno hétérosexuel. Plusieurs associations sont alors montées au créneau, faisant état de dizaines de demandes d'hébergement d'urgence et de situations particulièrement critiques pour de nombreuses jeunes personnes LGBT, confinées dans des familles homophobes.

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6.000 nuits d'hôtel

Marlène Schiappa a donc décidé de prendre plusieurs mesures pour tenter de répondre à la crise.  D'abord, elle a annoncé le retour de la permanence téléphonique de SOS Homophobie, qui était jusqu'à présent suspendue "en raison de difficultés techniques", et assure que le gouvernement "est intervenu auprès de l’opérateur pour accélérer sa réouverture, qui devrait avoir lieu dès ce week-end". Elle dit également "soutenir l'association Contact, qui propose une ligne d’écoute à destination de l’entourage et des familles, pour favoriser un dialogue positif et bienveillant." 

Sur l'hébergement d'urgence, sujet brûlant sur lequel les associations réclament des aides à corps et à cris depuis plusieurs semaines, la ministre l'assure : "nous avons débloqué 300 000 euros afin de financer 6 000 nuitées d’hôtel pendant le confinement, mises en œuvre dès lundi." Une enveloppe qui vient s'ajouter à celle déjà prévue pour les femmes victimes de violences. Les jeunes LGBT+ en détresse pourront également, comme celles-ci, prévenir leur pharmacien ou envoyer un SMS au 114. La plateforme arrêtonslesviolences.gouv.fr sera également ouverte aux jeunes LGBT.

Avis défavorable

Cette réponse arrive alors que le gouvernement a été particulièrement critiqué sur la gestion des personnes LGBT+ en situation d'urgence. Plusieurs amendements, dont l'un porté par la députée LREM Sonia Krimi, que TÊTU avait interrogée, déposés à l'occasion du projet de loi de finance rectificative pour l'année 2020, entendaient débloquer un budget pour flécher des nuits d'hôtels pour les jeunes LGBT+ victimes de violences. Ni la commission, ni le gouvernement, n'ont donné à ces amendement un avis favorable. Huit associations LGBT+ avaient alors adressé un courrier à Marlène Schiappa, expliquant leur incompréhension.

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Une décision que la ministre explique par des amendements "pas assez concrets, ni suffisamment bien ficelés". Elle tente par ailleurs de rassurer : "au moment du rejet de ces amendements, ce qui a pu être perçu, c’est le refus d’une action en faveur des LGBT, mais c’est un raccourci trompeur : au contraire, nous étions en train d’élaborer ce plan que je vous présente aujourd’hui et qui méritait plusieurs jours de travail avec les acteurs de terrain et en interministériel."  

Les association satisfaites, mais...

Ce plan d'urgence semble satisfaire les associations :  "Ce plan reprend ce qui a été proposé par les assos", explique Omar Didi, président du Mag Jeunes LGBT+ à TÊTU. "Il faut voir comment cela va être mis en place, comment ces nuitées vont être utilisées, est-ce que cela va s'intégrer dans le dispositif général des femmes victimes de violences, est-ce que ça va passer par la préfecture, par les assos ?" 

Toutefois, le militant appelle à la vigilance sur les permanences téléphoniques : "il faut faire en sorte que l'ensemble des permanences téléphoniques soient répertoriées sur la plateforme du gouvernement." Il en profite pour rappeler que Le Mag Jeunes LGBT+  va lancer une permanence téléphonique pour la période de confinement ouverte du lundi au vendredi de 9h à 20h et le weekend de 9H à 18H.

"Prise de conscience tardive"

Sur la question de l'hébergement, Nicolas Noguier, président du Refuge, association en première ligne depuis le début du confinement, se félicite de la somme de 300.000 euros débloquée par le gouvernement, supérieure à celle proposée par les amendements. "C'est une prise de conscience tardive mais au moins, il y a une réponse à la situation d'urgence". Selon lui, le budget permettra de mettre à l'abri, "100 à 200 jeunes, selon le temps que durera le confinement". En revanche, des interrogations subsistent. "C'est bien de mettre des jeunes à l'abri mais il faut aussi les nourrir. Cette enveloppe comprend-elle une aide alimentaire ?" 

Par ailleurs, il rappelle qu'un jeune hébergé par Le Refuge est en général pris en charge pendant 6 ou 7 mois. "L'après crise est un peu flou. Il faut des solutions pérennes pour accompagner ces jeunes dans la durée. On est déjà en surcapacité, comment on va faire après le confinement ?" Il reste donc pour les associations plusieurs questions en suspens, auxquelles Marlène Schiappa doit encore répondre...

 

 

 

 


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