FacebookInstagram et Facebook refusent désormais les publicités pour les "thérapies de conversion"

Par Romain Burrel le 13/07/2020
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Suite à la mobilisation d'internautes britanniques, les réseaux sociaux Facebook et Instagram ont annoncé que les publicités promouvant les très controversées "thérapies de conversion" seront désormais bannies des plateformes.

C'est pas trop tôt. Facebook s'engage enfin à bannir tous les contenus faisant la promotion des "thérapies de conversion" sur ses supports. C'est ce qu'a déclaré une représentante du réseaux social à la chaîne CNN vendredi 10 juillet 2020 après que des activistes ont appelé les annonceurs à boycotter la plateforme.

Facebook a annoncé étendre sa politique concernant les discours de haine au reste du monde pour y inclure les posts promouvant ou faisant l'apologie de cette pratique. Cette décision s'appliquera aux deux réseaux sociaux stars du groupe, Facebook et Instagram.

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Une forme de torture

Les "thérapies de conversion" sont une forme de torture prétendant pouvoir changer l'orientation sexuelle ou l'identité de genre d'une personne. La grande majorité du corps médical et des associations de médecins jugent cette pratique dangereuse et plusieurs études ont prouvé son inefficacité. Les personnes ayant subi ces "traitements" rencontrent souvent de nombreux problèmes psychologiques, allant de la dépression au suicide.

Depuis plusieurs années, la tolérance de Facebook et Instagram pour les pages hostiles aux personnes LGBT+, et notamment celles faisant l'apologie des "thérapies de conversion" est pointée du doigt par les militants et les associations LGBT+.

La prise de conscience tardive du géant américain du numérique s'explique par une énième polémique née cette fois Royaume-Uni. En effet, plusieurs utilisateurs britanniques ont fait campagne pour que le compte Instagram de Core Issues Trust, un promoteur de "thérapies de conversion", soit banni de la plateforme.

"Améliorer notre approche"

"Nous n'autorisons pas les attaques à l'encontre des gens basées sur leur orientation sexuelle ou leur identité de genre et nous mettons à jour nos politiques pour bannir la promotion des services de thérapies de conversion" a ainsi déclaré la directrice des politiques publiques d'Instagram pour l'Europe, le Moyen-Orient et l'Afrique, Tara Hopkins.

"Nous avons supprimé tous les contenus en violation de nos politiques de la page @coreissuestrusttv. Nous revoyons nos politiques en permanence et nous continuerons de consulter des experts et des gens avec une expérience personnelle pour améliorer notre approche", a poursuivi la représentante d'Instagram. Si certains contenus ont bien été effacé, ce lundi 13 juillet 2020, la page de ce groupuscule religieux était toujours active.

La plateforme cessera aussi de recommander les contenus liés aux "thérapies de conversion", notamment les témoignages et les articles louant l'efficacité de cette technique barbare, "sauf dans un contexte législatif", tempère le réseau social.

Une pratique légale

Cette décision pourrait faire tâche d'huile. Un porte-parole de Twitter a déclaré que le réseau social avait déjà "renforcé sa politique à l'encontre des contenus promouvant les "thérapies de conversion". Le site de microblogging serait actuellement en train de "travailler pour rendre ses plateformes de formation plus claires pour que les membres de nos équipes puissent avoir une grande variété d'exemples auxquels se référer et que notre application de cela soit cohérente et évolutive à l'échelle mondiale." a-t-il ajouté.
Souvent promues par des mouvements religieux, les "thérapies de conversion" sont encore légales dans la plus part des pays du monde. L'Allemagne est le premier grand pays a avoir interdit la technique pseudo-scientifique sur les mineurs en mai 2020.
En France, les "thérapies de conversion" ne sont pas a proprement parler illégales. La députée LREM Laurence Vanceunebrock a déposé en juin dernier une proposition de loi visant à interdire ces pratiques sur le sol français. Elle veut introduire une infraction spécifique dans le code pénal et espère pouvoir compter sur le soutien du gouvernement.