PMA pour toutes : le festival de bourdes du premier ministre à l’Assemblée

Jean Castex s'est exprimé pour la première fois sur l'ouverture de la PMA à toutes les femmes. Il a défendu une vision a minima du texte, issue d'un "équilibre" trouvé selon lui en première lecture.

Jean Castex a donc choisi la séance de questions au gouvernement pour clarifier les positions de l'exécutif au sujet de la PMA pour toutes. Malgré des avancées en commission, son gouvernement défendra un texte a minima, a-t-il annoncé mardi 28 juillet. Pour cause, Jean Castex semble ne pas être (très) à l'aise avec le sujet. D'autant que le Premier ministre a fait carrière au sein des Républicains, hostiles à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes.

Dans le brouhaha de l'hémicycle, le Premier ministre s'est félicité de s'exprimer "pour la première fois sur ce sujet majeur". Ne quittant pas ses notes, il salue "l'équilibre qui a su être trouvé", en première lecture. "Cet équilibre, le gouvernement demande solennellement à l'assemblée de le préserver", dit-il. Selon lui, les autres dispositions sont "mineures" (c'est-à-dire la ROPA, le diagnotic préimplantatoire, la PMA post-mortem ou l'ouverture de la PMA aux hommes trans...) la première version du texte "correspond parfaitement à la pensée du président de la République", Emmanuel Macron. En tout, son plaidoyer pour "ce texte majeur" a duré quatre minutes.

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Cafouillage dans les termes

Surtout, le Premier ministre s'emmêle les pinceaux, lorsqu'il parle notamment de la technique de la ROPA. Cette méthode permet le don d'un ovocyte dans un couple de femmes. Jean Castex évoque "la réservation de l'ovocyte pour LE partenaire", alors que ce dispositif ne concerne uniquement les couples de femmes. Il évoque ensuite, les yeux sur ses fiches, "la PMA post-moderne" au lieu de la PMA post-mortem. Deux lapsus, coup sur coup, qui trahissent une méconnaissance des sujets... ou un problème de lecture de notes.

Sur le fond, "la GPA demeure notre ligne rouge", souligne-t-il. L'exécutif ne soutiendra pas non plus  l'élargissement du diagnostic préimplantatoire à la recherche d'anomalie chromosomique (appelé DPI-A). En réunion de groupe, Jean Castex aurait ajouté "notre devoir collectif est de faire attention en voulant faire plus à ne pas arriver à faire moins". Certaines associations regrettent une démarche purement politique qui va à l'encontre de l'intérêt supérieur de l'enfant.

Un débat jusqu'au 31 juillet

Les députés ont jusqu'au 31 juillet pour débattre des quelque 2.300 amendements qui ont été proposés. Le vote solennel n'aura pas lieu avant septembre. Au sein de l'hémicycle, les opposants au texte donnent de la voix. Reprenant les arguments de la Manif pour tous, Julien Aubert a comparé la PMA avec une "marchandisation de la procréation". Dans la majorité, Blandine Brocard a estimé, en dépit de toutes les études, que la PMA "laisse en suspens les conséquences sur l'enfant".

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Le ministre de la Santé Olivier Véran a répondu que "l'amour est la base du foyer familial". Le député Xavier Breton (LR) s'est quant à lui inquiété de voir un jour "trois adultes" devenir parents. En fin de soirée, les amendements visant à ouvrir la PMA aux hommes trans ont été rejetés. Pendant le débat, la député Laurence Vanceunebrock a dû expliquer aux autres député.e.s la différence entre le sexe, la sexualité et le genre.

 

Crédit Photo : Capture d'écran / Assemblée nationale


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