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Pourquoi il faut voir « Howard », fascinant docu sur le génie gay derrière les chansons iconiques de Disney

On lui doit les chansons de La Petite Sirène, La Belle et La Bête, Aladdin... Le parolier Howard Ashman a changé la face de Disney pour toujours. Disney+ rend hommage à cet auteur majeur, mort du sida en 1991, à travers un docu riche et déchirant.

C'est l'histoire d'un jeune gay du Maryland qui allait changer pour toujours le visage de Disney. Howard Ashman est l'auteur des paroles des plus belles chansons de Disney des années 90. La plateforme Disney+ lui rend hommage dans un documentaire passionnant, sobrement intitulé Howard.

Un film intimiste sur l'un des plus grands paroliers de l'univers Disney, mort du sida en 1991. Au-delà de ses chansons inoubliables, sa science de la dramaturgie va permettre à la firme à la souris de renouer avec le succès après des années 80 difficiles.

Un impact considérable

La confidentialité du personnage est, en partie, ce qui a poussé le producteur Don Hahn à consacrer un documentaire à Howard Ashman. "Il n'y a pas de roman, pas de biographie sur lui, déclare le réalisateur dans les lignes du média Entertainment Tonight. [...] Il y a tellement de films sur les Michael Jordan de ce monde, à raison d'ailleurs. Sur ces héros politiques, sportifs ou historiques. Mais raconter une histoire sur un artiste qui est tout aussi héroïque dans son approche, qui est aussi érudit dans son art, qui connaît l'univers des comédies musicales comme sa poche... Montrer cette forme d'héroïsme est, selon moi, très important". Et ça se ressent fortement à l'écran.

Conçu quasi exclusivement en voix off et images d'archives, Howard est une ode de 90 minutes à cette figure de l'ombre disparue trop tôt. Le film met en lumière ses premiers élans créatifs, tandis qu'enfant, il construisait des univers presque oniriques avec ses jouets dans sa chambre pour divertir sa petite sœur. Des instants brillamment reconstitués pour le documentaire, avec un sens de la poésie et de l'esthétisme qui colle avec le personnage.

S'ensuivent alors ses années à se construire une réputation à la Grosse Pomme, en passant par l'adaptation de la comédie musicale d'épouvante La Petite Boutique des horreurs. Jusqu'à la consécration, soit le moment où il rejoint les rangs du tout-puissant Disney.

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De la queerness chez Disney

Repéré par Jeffrey Katzenberg, alors président de Walt Disney Studios, Howard Ashman se fait un temps désirer puis finit par rejoindre l'entreprise pour en devenir l'un des plus grands paroliers. Dès lors, le documentaire se présente comme un must-see incontournable pour les aficionados des films d'animation Disney.

Le film rentre dans l'intimité de la genèse des œuvres sur lesquelles Ashman a travaillé, à l'instar de La Petite Sirène, La Belle et la bête ou encore Aladdin. Le docu regorge de clins d’œil aux coulisses de ces films et ne lésine pas sur les fun facts, ce qui devrait en ravir plus d'un. Comme la queerness que Ashman parvient à inoculer à l'univers Disney.

Fait notable, Disney n'escamote pas l'histoire personnelle de son parolier. Bien au contraire.  Son homosexualité, sa première histoire d'amour avec Stuart White, l'arrivée du "cancer gay" et finalement, les premiers signes de la maladie chez le parolier, font l'objet de séquences salutaires et bouleversantes.

Crédit photo : Disney+

Une homosexualité assumée

Tous deux originaires de Baltimore, Howard et Stuart se rencontrent lors d'un camp d'été pour jeunes théâtreux. Une passion amoureuse nait entre eux, une collaboration artistique également. Ensemble, avec leur ami Kyle Renick, ils reprennent un théâtre sur le déclin pour y produire leurs pièces. Mais lorsque le couple déménage à New York,  Stuart vibre pour la scène clubbing de l'époque et refuse de toutes ses forces une vie hétéronormée. Il est meurt très tôt du sida, en 1983. Maladie que l'on connait encore très mal à l'époque.

Ashman sera à son tour emporté par la maladie en 1991. Si le visionnage de Howard est un incontournable pour les férus d'animation Disney, il l'est tout autant pour celles et ceux qui souhaiteraient comprendre l'impact terrible de la maladie sur la communauté homosexuelle à l'époque.

Plus qu'un parolier au génie inégalé, Howard Ashman était une figure queer qui a traversé une période difficile et indélébile pour bon nombre d'hommes gays. "Je ne peux pas m'empêcher de penser que ses derniers instants font écho à d'autres histoires de personnes ayant traversé cette même crise", argumente le réalisateur Don Hahn.

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Virtuose

S'il fallait évoquer une raison supplémentaire de jeter un œil à ce documentaire, c'est bel et bien sa bande originale. Celle-ci a été conçue expressément par Alan Menken, ex-collaborateur de Howard Ashman. Ensemble, ils ont été récompensés aux Oscars pour "Under the Sea" dans La Petite Sirène en 1989 ou encore "A Whole New World" dans Aladdin en 1992. Virtuose, cette BO apporte une touche encore plus intimiste à un récit qui l'était déjà fortement. On retient une larme quand le documentaire explique que certaines de ces chansons ont été écrites par Ashman alors qu'il était littéralement en train de mourir du sida.


Mort à l'âge de 40 ans, Howard Ashman laisse derrière lui un héritage conséquent. Son approche de la dramaturgie, sa connaissance intime d'univers des comédies musicales, sa modernité, sa queerness, son exigence aigu du chants vont durablement impacter les créations Disney. Et ses chansons marquer plusieurs générations.

Howard de Don Hahn est disponible sur Disney+. 

Crédit photo : Disney+

 


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