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Les droits des personnes trans s’améliorent un peu dans le monde, selon l’ILGA

L'ILGA publie un état des lieux de la réglementation concernant les personnes transgenres dans le monde. Si neuf nouveaux pays reconnaissent l'auto-détermination de l'identité de genre, 13 pays la criminalisent encore explicitement.

La situation reste mauvaise mais elle s'améliore un peu. L'ILGA, l'association internationale des personnes LGBT+ publie un état des lieux des droits des personnes trans dans le monde. 143 pays dans le monde et 19 juridictions sont passées à la loupe pour comprendre les changements de lois et les conséquences politiques. Au total, l'identité de genre est reconnue dans 96 pays du monde, au moins 25 pays membres de l'ONU autorisent le changement d'état civil sans exigences abusives (chirurgie, interventions hormonales ou de stérilisation, divorce avec le partenaire, absence d'enfant en bas âge, examen psychiatrique...).

Neuf nouveaux pays reconnaissent l'auto-détermination de l'identité de genre

"D'une manière globale, il y a une amélioration dans le monde. On constate une augmentation du nombre de pays qui reconnaissent l'identité de genre basée sur l'auto-détermination. La majorité des pays ne le fait pas, mais il y a un progrès", souligne Julia Ehrt, la directrice des programmes de l'ILGA.  Depuis 2018, neuf nouveaux pays ont permis le changement d'état civil sans procédure intrusive : plusieurs États d'Australie, la Belgique, le Brésil, le Chili, le Costa-Rica, la Grèce, le Luxembourg, le Portugal et... la France.

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Et pourtant, "pour la première fois nous avons dû constater un recul des droits dans certains pays comme la Hongrie ou en Pologne, aux États-Unis également. Le débat sur la question des personnes trans est devenu très violent, notamment en Amérique latine, au Royaume-Uni ou en Pologne et en Hongrie. Il est utilisé par les conservateurs pour s'en prendre à l'égalité de genre", poursuit la directrice.

Pour elle, les mouvements conservateurs disposent de puissants leviers, pécuniers comme religieux. Alors qu'en face, la communauté trans a peu de ressources pour contre-attaquer. Au Royaume-Uni, le gouvernement a promis depuis des années une actualisation loi pour le changement d'état civil. La ministre de l'Égalité a annoncé le 22 septembre que cette réforme n'était "pas une priorité" pour les personnes trans.

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13 pays criminalisent explicitement les personnes trans

Pire encore, au moins 13 pays de l'ONU criminalisent les personnes trans de façon explicite. Il s'agit de Brunei, de la Gambie, de l'Indonésie, de la Jordanie, du Koweit, du Liban, du Malawi, de la Malaisie, du Nigeria, d'Oman, du Soudan du Sud, du Tongo et des Émirats Arabes Unis. En Iran, le Code Pénal est légèrement plus vague concernant les personnes trans, ce qui n'empêche pas le pays d'être tout autant sévère. "Mais dans une majorité d'État, les personnes trans ne sont pas explicitement ciblées. Elles peuvent être poursuivie grâce à des lois qui condamnent l'indécence, le travestissement ou le travail du sexe", insiste-t-elle.

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Julia Ehrt imagine un chemin vers l'égalité des droits. "Les droits des personnes trans commencent par la décriminalisation et la dépathologisation à échelle mondiale. La deuxième étape serait d'avoir des outils à échelle nationale pour pouvoir solidifier ces droits. Cela peut passer par des traités et des déclaration de l'ONU... Enfin, il faudrait s'assurer que ces droits soient effectifs et que les personnes trans aient un accès simplifié aux services d'assurance maladie", conclut-elle avant de regretter un manque de données à l'échelle mondiale.

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Crédit photo : Wikimedia Commons / Foreign and Commonwealth Office


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