La partouze de Bruxelles va-t-elle finir en crise diplomatique ?

La Hongrie accuse des pays étrangers d'avoir été impliqués dans la partouze qui a conduit à la démission de József Szájer. Ils auraient selon eux organisé cet événement pour déstabiliser la Hongrie qui négocie le budget européen.

Une partouze lourde de conséquences. Vendredi dernier, une orgie a été arrêtée par la police à Bruxelles. Une vingtaine d'hommes ont reçu une amende pour non respect des règles de distanciations. Parmi eux, deux diplomates et József Szájer, un eurodéputé hongrois proche de Viktor Orbán. Ce dernier avait d'abord tenté de s'échapper par la gouttière, avant d'invoquer son immunité parlementaire. Les forces de l'ordre ont également retrouvé de la drogue dans son sac à dos. Après 30 ans de vie politique, cet homme de 59 ans a démissionné de son mandat de député, juste avant la médiatisation de l'affaire.

Un rapport sur une prétendue intervention des services secrets

Les théories complotistes les plus folles circulent au plus niveau. Très sérieusement, le Comité de sécurité nationale hongrois devra enquêter pour savoir si le scandale n'a pas été monté par les services secrets allemands. Le ministère des affaires étrangères devra également "rendre un rapport public sur l'intervention des services secrets d'autres pays", selon le média hongrois Szeretlek magyarorsza.

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Avec la Pologne, la Hongrie est en guerre ouverte contre les autres pays de l'Union Européenne sur le budget européen. Ces deux pays refusent notamment l'instauration d'un mécanisme de condition des subventions au respect de l'État de droit. Pour cause,  Pologne et Hongrie s'enfoncent dans une LGBTphobie d'État. En Pologne, des zones "sans LGBT" pullulent. Et la Hongrie semble s'en inspirer, créant à son tour des zones "sans LGBT". Proche d'Orbán, József Szájer était justement l'architecte de la révision constitutionnelle de 2012. Cette révision inscrit la définition du mariage comme l'union d'un homme et d'une femme dans la Constitution hongroise.

Contre-vérités et affabulation

Gêné par cette affaire d'orgie, l'exécutif hongrois tente donc de réécrire l'histoire. Alors que le média indépendant Telex tentait d'obtenir des réponses de la part du gouvernement hongrois, la police a délogé les journalistes présents devant le bureau du Premier ministre. Le journaliste à France 24, Dave Keating, remarque que, selon le gouvernement hongrois, les policiers sont venus contrôler cette partouze parce que József Szájer était présent. La manœuvre aurait eu pour objectif de déstabiliser la Hongrie.

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Les médias hongrois ont relégué l'événement dans les pages intérieures, sans autre contexte que la déclaration de l'intéressé. "La télévision d'État s'inquiète que le député Szajer ait été victime d'un complot des services secrets... et ajoute que de hauts diplomates russes faisaient partie de cette partouze. Ça devrait aider la défense de József Szájer, sans aucun doute", ironise VK Judit. L'analyste politique indique également que le Centre Soros de contre-espionnage a donné une version des faits très éloignée de la réalité. Selon les services secrets hongrois, József Szájer était, sans le savoir, l'invité d'une réunion où des "travailleurs du sexe étaient également présents". Sauf que l'organisateur de l'orgie, un étudiant de 29 ans, a évoqué une "fête".

Quatre autres politiciens polonais, selon l'organisateur

"Lors de mes fêtes, j’invite toujours quelques amis, qui à leur tour amènent quelques amis, et ensuite nous nous amusons ensemble. On parle un peu, on boit un peu - comme au café. La seule différence est qu’entre-temps, nous avons aussi des relations sexuelles. Je ne vois pas ce qu’il y a de mal à cela. Nous sommes tous des adultes, tout se passe par consentement mutuel”, dit David, cité par le journal belge 7 sur 7. Dans un entretien au média polonais Onet, il indique que quatre politiciens du parti polonais Droit et Justice sont des "habitués". Des politiciens d'autres nationalités, dont un Français, étaient présents, selon lui.

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József Szájer est un véritable pilier du Fidesz à Bruxelles, note Le Monde. Il a participé à la fondation du parti aux côtés de Viktor Orbán en 1988. Il y a un an, le maire de Györ a été filmé sur un yacht en pleine orgie avec des travailleuses du sexe et de la drogue. Après ces révélations, l'élu local avait démissionné. En février dernier, la justice a confirmé la découverte de 19.000 images pédopornographiques dans l'ordinateur de Gábor Kaleta, ancien ambassadeur de Hongrie au Pérou.

 

Crédit photo : Capture d'écran Euronews


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