L'essai Prévenir, mené depuis trois ans en Île-de-France sur 3.000 personnes, confirme l'efficacité de la PrEP dans la prévention de l'infection au VIH, tant pour la prise en continu qu'en prise à la demande.
La PrEP à la demande, ça marche ! C'est le principal enseignement de l'étude Prévenir, dont les résultats ont été présentés à la conférence scientifique de lutte contre le VIH CROI, rapporte VIH.org.
"Grande efficacité de la PrEP"
L'essai Prévenir, lancé en 2017 par le Pr Jean-Michel Molina, du service des maladies infectieuses à l'hôpital Saint-Louis, a recruté 3.067 participants (36 ans d'âge moyen) en Ile de France, tous très exposés au VIH. Parmi eux, 49,5% ont choisi de suivre la PrEP à la demande, les autres la prise en continu. L'un des objectifs de cet essai était justement d'évaluer la prise intermittente du traitement (avant, pendant et après le rapport sexuel).
Au total, six contaminations sont à déplorer, toutes dues à une mauvaise observance du traitement, c'est-à-dire que les personnes ont arrêté leur traitement et ont eu des rapports sexuels sans préservatif. "Dans ce groupe, l’incidence du VIH [le nombre de personnes infectées rapport à une population donnée] est tombée à 1 pour 1.000. Cela confirme largement la grande efficacité de la PrEP chez les personnes qui prennent bien le traitement que ce soit en schéma en continu ou à la demande", commente le Pr Jean-Michel Molina dans une interview à Seronet.
Même si au bout de trois ans, les résultats sont assez clairs, l'essai Prévenir va être prolongé de cinq ans. Le professeur Molina justifie ainsi cette décision : "Ce qui est crucial avec la PrEP, c’est de s’assurer sur le long terme que les personnes continuent bien à la prendre si elles sont exposées à un risque. Nous pouvons voir dans d’autres pays un taux d’arrêt de PrEP très élevé. Évidemment, la personne n’est plus protégée quand elle arrête la PrEP donc il est important d’observer ce qui va se passer sur les prochaines années."
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Incidence élevée des IST
En revanche, les chercheurs ont pu observer une incidence élevée des infections sexuellement transmissible (IST) avec 75,5% participants-année (elle a chuté à 32% pendant la période du premier confinement liée à l’épidémie de la Covid-19, du 17 mars au 11 mai 2020, note VIH.org).
Le Pr Molina souhaite prendre les choses en main à ce sujet : "Plutôt que de se lamenter sur la hausse des IST, il faut être proactif, développer des programmes de recherches innovants, créer des vaccins, renforcer le dépistage, évaluer de nouvelles actions de prévention, etc. Nous savons que le dépistage et le traitement précoces des IST permettent de réduire le risque de transmission, y compris du VIH", explique-t-il.
Ainsi, selon VIH.or : "Deux sous-études sont actuellement en cours dans le cadre de Prévenir afin de réduire l’incidence de ces IST : la première vise l’élimination de l’hépatite C par une stratégie de test and treat (dépistage et traitement rapides) et la seconde, Doxyvac, évalue l’intérêt d’une prophylaxie post-exposition par la doxycycline et d’une vaccination contre le méningocoque B pour essayer de prévenir les infections à Chlamydia, syphilis et gonocoque."
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