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Homophobie en ligne : quand l’armée française se laisse tenter par les armes de la haine

Après les trolls russes, les trolls français. Pour la première fois, Facebook a rendu publique une opération de désinformation en ligne attribuée à des militaires tricolores. Dans leur arsenal : une attaque homophobe qui pose la question des limites éthiques de ce type de pratiques.

« Des valeurs particulières qu’il n’est pas bon de suivre. » En commentaire d’un post sur Facebook, le 28 novembre 2020, Marius Ndebe interpelle ses compatriotes centrafricains : veulent-ils vraiment ressembler aux Russes, présentés dans un mème comme obèses, alcooliques… et homosexuels ? « Je tiens à garder ma fierté telle qu’elle est et à ne pas leur ressembler. » Un commentaire haineux et homophobe de plus sur la toile ? Pas vraiment.

Car Marius Ndebe n’existe pas. Ce faux compte appartient à une série de 84 autres, identifiés par Facebook et supprimés en décembre dernier. Des avatars attribués à l’armée française, engagée dans des affrontements virtuels avec des « trolls » russes. Oui, notre armée. C'est Facebook qui l'affirme : "Notre enquête a révélé des liens avec des individus associés à l'armée française." Dans un pays où Russes et Français cherchaient à conquérir les cœurs des internautes via le plus célèbre des réseaux sociaux.

Cette révélation de Facebook est inédite pour deux raisons. C’est la première fois que des acteurs étatiques français sont ainsi épinglés pour manipulation de l’opinion sur ce réseau. C’est aussi la première fois que les opérateurs de deux campagnes de ce type portées par des Etats interagissent entre elles, s’accusant mutuellement de diffuser des fausses informations au service de la propagande de leurs pays respectifs, pour discréditer leurs adversaires aux yeux du public qu’ils visaient....


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