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PMA pour toutes : le « non » du Sénat et les espoirs vains de la Manif pour tous

le sénat

Rien de nouveau sous le soleil de la droite, qui a décidé de s'opposer jusqu'au bout à l'avancée des droits LGBTQI+. Et ce, alors qu'un sondage montre que la Manif pour tous est désormais minoritaire même dans l'opinion catholique, favorable désormais à ce que toutes les femmes puissent fonder une famille.

La droite confirme une nouvelle fois qu'il n'y a guère à en attendre concernant les droits des personnes LGBTQI+. Alors que l'interminable calendrier du projet de loi bioéthique touche à sa fin en ce mois de juin 2021, le Sénat à majorité Les Républicains (LR) a décidé mardi 15 juin qu'il n'y aurait pas de nouvelle lecture du texte à la chambre haute. De quoi faire sursauter d'espoir la Manif pour tous, bien que cela ne change rien à l'issue : le 29 juin, quoi qu'il en soit, la PMA pour toutes reviendra à l'Assemblée nationale où elle doit être enfin adoptée.

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Ce qui n'empêche pas l'inénarrable LMPT de se frotter les mains devant le signal envoyé. Dans un communiqué relevé par Ouest France, LMPT en Ille-et-Vilaine salue ainsi "un signal politique très fort". Et de développer dans un communiqué lunaire : "Arrêter de perdre son temps face à un gouvernement et une majorité présidentielle butés et opposés à tout débat de fond, c’est ce qui a poussé les sénateurs de la Commission spéciale à rejeter le projet de loi bioéthique et ses nombreuses mesures clivantes : PMA sans père, autoconservation des gamètes sans motif médical, filiation fictive, gestation pour autrui, chimères animal-homme, embryons transgéniques…".

Le Sénat à rebours de l'opinion majoritaire (même catho)

Le Sénat, qui avait voté contre le projet en deuxième lecture, devait initialement réexaminer le texte à partir du 15 juin en commission, puis le 24 en hémicycle. Sauf que mardi 15, donc, la commission spéciale du Sénat a considéré qu’il n’y avait plus lieu de poursuivre la discussion sur ce texte, "faute de dialogue constructif entre les deux assemblées". Par conséquent, en séance le 24, la majorité déposera une motion de "question préalable", procédure par laquelle une assemblée décide qu'il n'y a pas lieu d'engager la discussion du texte soumis à son examen, du fait d'un motif d'opposition qui rendrait inutile toute délibération au fond. L'adoption de la question préalable, qui ne fait pas de doute puisque le Sénat est dominé par la droite qui la propose, équivaut au rejet de l'ensemble du texte en discussion. Mais la Constitution prévoit que l'Assemblée nationale a le dernier mot.

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À un an de l'élection présidentielle, LMPT a certainement raison de lire un soutien dans cet acte politique. Reste que la droite paraît plus que jamais à rebours de l'opinion, désormais largement favorable à l'ouverture de la PMA à toutes les femmes : 67% des Français sont pour, selon le dernier sondage Ifop dévoilé début juin. Même les catholiques pratiquants sont désormais 61% à approuver la réforme, soit un progrès de douze points depuis 2014. Quant aux opposants, rapporte encore Ouest France,  rassemblés ce mercredi soir devant la préfecture du Mans (Sarthe) pour protester contre le projet de loi bioéthique, à l’appel du collectif "Marchons enfants", ils étaient… 60. Et maintenant, vivement le 29 juin !

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