santéPrep injectable : l'espoir de la fin de l'épidémie de sida

Par Nicolas Scheffer le 17/09/2025
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La recherche sur la prévention du VIH s’accélère : avec l’arrivée de la PrEP injectable, l’horloge qui marquera la fin de l’épidémie de sida n’a jamais été aussi proche de sonner.

En 2024, la revue Science lui a décerné le prix du ­Progrès de l’année. Le lénacapavir, molécule développée par le ­laboratoire américain ­Gilead, fonctionne comme une “PrEP injectable”, permettant de se protéger de l’infection au VIH non pas en avalant un comprimé quotidien, mais en recevant une injection deux fois par an. Fin août 2025, la voie vers sa commercialisation a été ouverte par la Commission européenne, qui a autorisé la mise sur le marché du médicament sous le nom de ­Yeytuo. Cet outil de prévention donne l’espoir de changer radicalement la trajectoire de l’épidémie. Il a en effet démontré une efficacité de 100 % contre l’infection au VIH, soit encore mieux que la PrEP orale, grâce à un meilleur taux d’observance : impossible dorénavant d’oublier la prise d’un comprimé !

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Une première étape

Si le feu est vert, le traitement doit encore suivre plusieurs étapes avant d’être effectivement disponible dans nos pharmacies. La Haute Autorité de santé (HAS) doit encore négocier son prix, ainsi que son taux de remboursement par l’Assurance Maladie, une étape décisive qui dure habituellement entre douze et dix-huit mois. “L’autorisation européenne de mise sur le marché pour Yeytuo n’est qu’une première étape”, confirme à têtu· le laboratoire, ajoutant : “Gilead travaille actuellement à identifier des stratégies pour le rendre disponible aussi rapidement et ­équitablement que possible en France et plus largement en ­Europe.” Car le souci, avec Yeytuo, c’est qu’il s’agit d’un traitement extrêmement coûteux : aux États-Unis, les deux injections de ­lénacapavir sont vendues 28 000 ­dollars, contre environ 1 800 euros pour la PrEP en comprimés génériques sur un an, en France. Des négociations sont par ailleurs en cours pour convenir du prix d’une autre PrEP injectable, bimestrielle celle-là (une piqûre tous les deux mois), développée par le laboratoire britannique ViiV Healthcare : le ­cabotégravir, commercialisé sous le nom d’Apretude, et qui devrait être bien moins onéreux.

Lever les brevets, une nécessité

En prévention, le lénacapavir de Gilead convient particulièrement aux personnes qui ne peuvent pas bénéficier d’un comprimé quotidien de PrEP, en particulier dans les pays à faibles revenus, où cette régularité est compromise par une faible proximité avec les ­services de santé, ­notamment. Si l’on en faisait tomber les ­brevets, le traitement pourrait donc changer la donne dans la lutte contre le VIH-sida sur le continent ­africain : sur la base de 10 ­millions de personnes soignées par an – soit le nombre de personnes vivant dans le monde avec le VIH sans ­thérapie –, son coût tomberait à 41 dollars, a calculé une étude publiée dans le Journal of Antimicrobial Chemotherapy. Le rêve de la fin de l’épidémie devient alors, enfin, une réalité atteignable à un horizon de moins en moins lointain.

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Illustration : Romain Lamy

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