buzzDes ongles vernis pour éduquer les supporters de foot : viva Borja Iglesias !

Par Ivan Zhekov le 23/01/2026
Borja Iglesias est l'attaquant du club espagnol de Vigo.

En Espagne, l'attaquant international du Celta Vigo, Borja Iglesias, a fait de sa manucure un symbole de lutte contre le racisme, ce qui lui a valu… des insultes homophobes. Les ongles peints sont donc en train de devenir un signe de ralliement contre toutes les discriminations.

"Pas de place pour les pédés dans le foot !" Le lundi 12 janvier, le slogan résonne à l’issue du match entre le Séville FC et le Real Club Celta de Vigo, en première division espagnole, scandé par des supporters sévillans. Ce qui a déclenché cet accès d’homophobie : les ongles peints en noir de Borja Iglesias, l’attaquant du club galicien (mais aussi le n°9 de la sélection nationale), qu’il arbore régulièrement sur les terrains depuis l'émergence en 2020 du mouvement Black Lives Matter, en signe de soutien à la lutte contre le racisme. Mais les aficionados andalous dont l’équipe vient de perdre, cruellement conformes aux stéréotypes des supporters de football homophobes et bas du front, n’ont pas compris le message.

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À la sortie du stade Sanchez-Pizjuan, Borja Iglesias est attendu pour être copieusement injurié à grand renfort d’insultes homophobes. Relayant une vidéo des huées, le footballeur de 33 ans commente avec ironie : "Qu’est-ce que c’est rare, ce n'est jamais arrivé dans le foot."

Borja Iglesias, allié récidiviste

Ce n’est pas la première fois que l’international espagnol prend position contre l’homophobie : en 2023, il avait déjà mise en scène, dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, son "coming out hétérosexuel" afin d’interroger le milieu du football sur l'homophobie.

@pandachurches En 2022 la cifra de agresiones contra la orientación sexual se ha incrementado un 70%. A mí no me agreden por ser heterosexual. Por eso, más que nunca, #muchoorgullo ♬ sonido original - Borja Iglesias Quintás

Après l’incident de Séville, son commentaire est repris par le compte du championnat national espagnol, La Liga, accompagné de ce message : "Pas de place pour l’homophobie dans notre football. La Liga dénonce tous les types de haine."

C’est ensuite le club galicien qui tweete son soutien à son joueur et à ses convictions : "Le respect est non négociable. La haine n’a pas sa place dans le football. Fier de toi, sur et en dehors du terrain."

Go le vernis dans les stades !

Trois jours après l’incident, le RC Celta de Vigo partage un appel aux supporters afin qu’ils se peignent à leur tour les ongles lors du match suivant, en soutien à Borja Iglesias. Le 18 janvier, face au club madrilène Rayo Vallecano, tous les coéquipiers de l’attaquant arborent un vernis bleu clair, la couleur du club, et pour certains des dessins de pandas en référence au surnom d’Iglesias.

Même la présidente du Celta de Vigo s’y met, postant sur Instagram une vidéo prise chez sa prothésiste ongulaire et sous-titrée : "On prend soin des nôtres. Toutes mes félicitations Borja Iglesias."

Dans les tribunes, les supporters ont apporté du vernis pour se peindre les ongles, créant un moment de solidarité autour d’un message simple : "Contre la haine, tous ensemble."

Le vernis à ongle est-il en passe de devenir un symbole de la lutte contre les discriminations dans les stades ? Le football aurait bien besoin qu'un tel mouvement fasse des émules…

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Crédit photo d'illustration : Jose Manuel Alvarez Rey / Getty images via AFP