La militante féministe marocaine Ibtissame Lachgar a été placée en garde à vue après la publication sur les réseaux sociaux d'une photo la montrant vêtue d'un t-shirt comportant des inscriptions jugées blasphématoires.
Mise à jour, 3 septembre : Ibtissame Lachgar a été condamnée en première instance à 30 mois de prison ferme ainsi qu'à une amende de 50.000 dirhams marocains (environ 5.000 euros) pour "atteinte à l’islam". Son avocat, Me Mohamed Khattab, a annoncé vouloir faire appel. "Ce procès est une atteinte à la liberté d’expression", a réagi auprès de l'Agence France-Presse (AFP) Hakim Sikouk, président de l'Association marocaine des droits humains (AMDH).
Des inscriptions jugées "offensantes envers Dieu". Le parquet marocain a annoncé ce dimanche 10 août avoir placé en garde à vue la militante féministe Ibtissame Lachgar après la publication, fin juillet sur les réseaux sociaux (@IbtissameBetty), d'une photo la montrant vêtue d'un t-shirt proclamant "Allah is lesbian" ("Dieu est lesbienne"). La photo était accompagnée d'un texte qualifiant l'islam de "fasciste, phallocrate et misogyne", "comme toute idéologie religieuse".
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La publication avait suscité de vives réactions sur les réseaux sociaux, certains internautes appelant à l'arrestation d'Ibtissame Lachgar, militante connue en faveur des libertés individuelles, des droits des femmes et des LGBTQ+. La militante elle-même rapporte avoir être victime, pour un t-shirt "avec un slogan (détourné) féministe bien connu", de cyberharcèlement et avoir reçu "des milliers de menaces de viol, de mort, d'appels au lynchage et à la lapidation".
L'outrage à Dieu au Maroc
Dans son communiqué dimanche, le procureur du roi près le tribunal de première instance de Rabat déclare avoir ordonné l'ouverture d'une enquête et le placement en garde à vue de la militante "conformément à la loi", à la suite de la diffusion de cette photo contenant "des expressions offensantes envers Dieu" et d'"un texte comportant une offense à la religion islamique". La garde à vue au Maroc est généralement de 48 heures et "les mesures légales adéquates seront prises à la lumière des résultats de l'enquête", ajoute le parquet.
Le code pénal marocain prévoit une peine de six mois à deux ans de prison et/ou une amende de 20.000 à 200.000 dirhams (environ 2.000 à 20.000 euros) pour toute atteinte à la religion islamique, pouvant aller jusqu'à cinq ans de prison si l'"outrage" est commis par un moyen public, y compris "électronique".
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Crédit photo : @IbtissameBetty sur X