festivalVinii Revlon : "J’ai décidé de prendre toute la place qu’on ne voulait pas me donner"

Par têtu· le 04/09/2026
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Participant à UNIQUES, le festival de l'égalité qui vise à rendre les thématiques de l'inclusion concrètes et accessibles à toustes, le légendaire Vinii Revlon, pilier de la scène voguing en France et father de la House of Revlon a répondu à nos questions.

À quel moment tu t’es dit que ta différence pouvait être une force ?

Je pense que je ne l’ai pas compris tout de suite. Pendant longtemps, ma différence était quelque chose qu’on me faisait ressentir comme un problème. Puis j’ai compris que tout ce qu’on essayait de cacher chez moi était justement ce qui pouvait me rendre unique. Ma différence est devenue ma force le jour où j’ai arrêté de chercher à rentrer dans une case. J’ai décidé de prendre toute la place qu’on ne voulait pas me donner.

Qu’est-ce qui te rend le plus fier aujourd’hui ?

Ce qui me rend le plus fier, c’est de voir jusqu’où j’ai réussi à emmener le petit garçon que j’étais. De voir que ce que je suis, mon histoire, ma culture, ma différence, ont pu devenir une force pour moi mais aussi pour les autres. Et surtout, je suis fier de créer des espaces où des personnes qui ne se sentaient pas représentées peuvent enfin se regarder et se dire : "Moi aussi, j’ai ma place ici."

Quelle est selon toi la plus grande inégalité qui touche encore les personnes LGBT aujourd’hui ?

Pour moi, c’est encore l’accès à la liberté d’être soi-même. Sur le papier, on peut avoir des droits, mais dans la réalité, tout le monde ne peut pas vivre son identité avec la même liberté, la même sécurité et la même tranquillité. Selon ton milieu social, ta couleur de peau, ton genre, ta famille ou l’endroit où tu vis, ton expérience peut être complètement différente. L’égalité ne doit pas seulement exister dans les textes, elle doit exister dans la vie.

Qu’est-ce qui fait qu’on se sent inclus, dans une école, une entreprise, dans la société ?

Se sentir inclus, c’est sentir qu’on n’a pas besoin de se transformer pour être accepté. C’est pouvoir être soi-même sans avoir peur d’être jugé, discriminé ou mis de côté. Et ça passe aussi par la représentation. Quand tu vois des personnes qui te ressemblent dans les postes de pouvoir, dans les médias, dans la culture, dans les entreprises, tu comprends que ces places sont aussi les tiennes.

Quelle représentation LGBT t’a le plus marqué en grandissant et pourquoi ?

Honnêtement, le manque de représentation m’a presque plus marqué que la représentation elle-même. Quand tu grandis sans voir beaucoup de personnes qui te ressemblent, tu peux avoir l’impression que ton histoire n’existe pas ou qu’elle n’a pas de valeur. C’est aussi pour ça qu’aujourd’hui la représentation est aussi importante pour moi. Je veux être cette personne que j’aurais aimé voir quand j’étais plus jeune.

Quel message aimerais-tu adresser à un jeune LGBT qui a aujourd’hui le sentiment de ne pas avoir sa place ?

Je lui dirais : ta place n’a pas besoin d’être validée par les autres. Elle existe déjà. Ne laisse personne te convaincre que tu dois être moins toi-même pour être accepté. Ton identité n’est pas une faiblesse. Ton histoire n’est pas une honte. Et parfois, la famille qu’on choisit peut devenir aussi importante que celle dans laquelle on est né. Continue d’avancer, parce que le monde que tu imagines pour toi peut réellement devenir ta réalité.

Le festival UNIQUES, dont têtu· est partenaire se tient le 12 septembre à la Cité du cinéma à Saint-Denis. Entrée libre et gratuite.

Crédits photo : Ranobrac