Une personne LGBT assassinée toutes les 25 heures au Brésil
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Une personne LGBT assassinée toutes les 25 heures au Brésil


Selon la plus ancienne association LGBT du Brésil, le pays totaliserait la moitié des violences homophobes et transphobes qui surviennent dans le monde..

Le Brésil est tout un paradoxe. Second pays d’Amérique latine à avoir légalisé le mariage entre personnes de même sexe, l’Etat détient également un funeste record mondial : celui du nombre de meurtres à caractère LGBTphobe, lequel ne cesse de croître. Le Grupo Gay da Bahia, la plus ancienne association brésilienne de défense des minorités sexuelles, révèle que 343 personnes trans, homo, bi ou travesties ont été assassinées en 2016. Soit près d’un mort par jour, pendant douze mois, causé par l’homophobie ou la transphobie. Mais les chiffres réels pourraient être pire encore.

Luiz Motto qui a collecté les données de l’enquête craint en effet qu’ils ne soient que la « pointe d’un iceberg fait de violence et de sang ». Car au Brésil – comme en France – l’Etat ne recensent pas les crimes LGBTphobes lesquels sont souvent sous-rapportés. Pour réaliser son enquête, le Grupo Gay da Bahia a mis en commun articles de presse, recherches internet et informations personnelles dans 168 municipalités brésiliennes.

Parmi les victimes, une majorité d’hommes gays (173) et de personnes trans (144), face à une minorité de lesbiennes (10) et de bisexuels (4). Le Grupo Gay da Bahia a aussi identifié 12 hétéros assassinées à cause de leur proximité avec la communauté LGBT. C’est le cas de Luiz Carlos Ruas tué le jour de Noël parce qu’il avait défendu deux personnes – une homo et une travestie – lors d’une agression dans le métro.

Rio de Janeiro et São Paulo, qui accueillent parmi les plus grandes Gay Pride du monde, ne sont pas épargnées par cette vague de violence due selon certains au poids des tradition et du discours religieux. Au contraire, elles dénombrent la majorité des meurtres homophobes et transphobes du pays. Ces derniers frappent principalement des jeunes âgés de 19 à 30 ans, et des personnes blanches (64%). Au début du mois, un adolescent de 17 ans a été assassiné par sa mère car celle-ci n’acceptait pas son homosexualité. Pour tirer la sonnette d’alarme, le Grupo Gay da Bahia – qui établissait en 2013 que 44% des violences LGBTphobes sont commises au Brésil – alimente aussi un site web au titre choc : Quem a homotransfobia matou hoje (« Qui l’homotransphobie a-t-elle tué aujourd’hui »).

 

Couverture : Manifestation LGBT dénonçant les meurtres homophobes et transphobes survenus au Brésil en 2008 – Crédit photo Elza Fiuza/ABr

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