amnesty internationalLa Marche des fiertés d’Istanbul réprimée par les autorités

Par Marion Chatelin le 02/07/2018
Istanbul

Un millier de personnes se sont rassemblées dans la capitale turque, dimanche 1er juillet 2018. Pour la quatrième année consécutive, la Marche des fiertés s’est vue frappée d’une interdiction par les autorités locales. Au total 11 personnes ont été arrêtées.

Dimanche 1er juillet 2018, des drapeaux arc-en-ciel flottent aux abords de la place Taksim, à Istanbul,  alors que plusieurs centaines de policiers quadrillent le secteur. Selon Andrew Gardner, chercheur pour Amnesty International Turkey, « les militants, créatifs et courageux, ont contourné l’interdiction des autorités en lisant une déclaration à la presse dans une rue adjacente ». Du courage, il en aura fallu aux marcheuses et marcheurs, qui ont dû faire face à une interdiction de défiler pour la quatrième année consécutive. Cette fois encore, la Gay Pride turque a été le théâtre d'une violente répression policière.

Onze personnes arrêtées

Selon Andrew Gardner, les forces de l’ordre auraient appelé à la dispersion de la parade avant de tirer des balles en caoutchouc en direction de ceux qui tentaient de rejoindre l’avenue Istiklal. La police a également utilisé des canons à eau, une scène filmée et diffusée sur Twitter par un manifestant :
https://twitter.com/hiyibildiren/status/1013477490814316547
Amnesty International fait également état, dans un tweet, de l’utilisation de gaz lacrymogène sur la foule. Au total, onze personnes ont été arrêtées, a assuré sur Twitter le chercheur pour l'organisation en Turquie, qui a par ailleurs appelé à leur libération immédiate.

Une excuse "comique"

Le gouvernorat d’Istanbul avait justifié l’interdiction de la manifestation auprès des organisateurs, par le fait qu’il « ne pouvait assurer la sécurité » des participants. Aucun communiqué public n’a été communiqué.
Les militants ont répliqué en s’exprimant dans un texte publié sur la page Facebook de la marche,« Istanbul LGBTI Pride Week »« Le gouvernorat d’Istanbul a pris la sécurité en excuse pour interdire la marche, c’est comique. Cela fait maintenant 13 ans que toutes les marches se déroulent dans la paix à Istanbul ». Et d’ajouter : « Nous, LGBTI+, sommes fièr.e.s et marcheront coûte que coûte malgré toutes les tentatives d’interdiction du gouvernement. »
Selon une association LGBT turque, « Kaos GL »les 11 personnes arrêtées auraient été relâchées dans la nuit de dimanche à lundi.
 
Crédit photo : page Facebook d'Istanbul LGBTI+ Pride Week