homosexualitéLa répression des personnes LGBT+ s'accentue en Indonésie

Par Youen Tanguy le 07/11/2018
indonésie

Selon l'agence de presse Reuters, 10 femmes ont arrêtées pour "suspicion d'homosexualité" à Padang et trois personnes trans' ont subi le même sort à Lampung, en Indonésie.

La répression des personnes LGBT+ ne cesse de s'aggraver en Indonésie. Lundi 4 novembre dernier, 10 femmes ont été interpellées et incarcérées à Padang (centre du pays) pour "suspicion d'homosexualité", a annoncé la police indonésienne sur son compte Facebook.

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Les autorités surveillaient de près l'activité de ces femme sur les réseaux sociaux. Certaines d'entre elles auraient notamment posté sur Facebook des photos les montrant "s'embrasser et se câliner". "Nous recevons presque tous les jours des informations sur des activités 2.0 présumées de personnes LGBT+", ajoute la police.

Des femmes trans' arrêtées

Le 2 novembre, la police de Lampung (sud du pays) a de son côté mené un raid contre les personnes LGBT+ afin de "garantir la sécurité et le maintien de l'ordre public". Trois femmes trans' ont notamment été "arrosées" en public par un camion de pompier, dans la boue, avant d'être conduites en prison.

"L'humiliation de ces trois femmes trans' est épouvantable et constitue un traitement cruel, inhumain et dégradant, absolument interdit par le droit international", a dénoncé Usman Hamid, directeur exécutif d'Amnesty International.

Une répression grandissante

Ces arrestations interviennent dans un contexte grandissant des répression envers les personnes LGBT+.

Depuis quelque temps, des ministres, des conservateurs et des groupes islamistes se livrent publiquement à des propos homophobes, tandis que la police a fréquemment recours aux strictes lois anti-pornographie pour réprimer des membres de la communauté LGBT.

L'homosexualité est pourtant légale en Indonésie, sauf dans la province semi-autonome d'Aceh, qui applique la charia. Mais les pressions sont fortes dans le pays pour l'interdire, dans le cadre d'un durcissement du code pénal, influencé par une influence grandissante de groupes religieux fondamentalistes dans le pays musulman le plus peuplé au monde.

Crédit photo : Compte Facebook Humas Satpol PP Padang.