Festival du film brésilien : pour sa 21e édition, la communauté LGBT+ mise à l’honneur

Du 9 au 16 avril 2019 se déroulera la 21e édition du Festival international du film brésilien de Paris. Et cette année, la communauté LGBT+ est mise à l’honneur. Tour d’horizon des films à ne pas manquer.

Une simple coïncidence ? Cela serait trop beau. Alors que Jair Bolsonaro, président d’extrême-droite ouvertement anti-LGBT, a pris ses fonctions à la tête de ce pays d’Amérique latine le 1er janvier 2019, le Festival international du film brésilien de Paris fait la part belle aux films queer. Et si l’élection d’un ultra conservateur à la tête de cet Etat a soulevé beaucoup d’inquiétude dans le milieu artistique, ces films, réalisés il y a en moyenne deux ans, reflètent les préoccupations déjà bien installées au cours de la vie des Brésiliens.

Sur les 11 longs-métrages présentés, trois films queer ont retenu notre attention. Tour d’horizon.

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« Hard Paint » de Filipe Matzembacher et Marcio Reolon

Pedro est un jeune homme homosexuel qui vit à Porto Alegre, au sud du Brésil. Il traverse une période compliquée : il doit faire face à un procès dans lequel il est auditionné, et parallèlement sa soeur, qui est sa seule amie, déménage. Pedro se retrouve seul. Socialement réprimé, le « chatroom » (un lieu de rencontre virtuel, ndlr) va se révéler être sa seule catharsis. Le jeune homme se présente de manière anonyme sur internet, en dansant nu dans la pénombre de sa chambre, simplement recouvert de peinture fluorescente avec pour pseudonyme « Garçon Néon ».

Hard Paint est le vainqueur du prix Teddy, l’équivalent de la Queer Palm (récompense dédiée aux oeuvres LGBT, ndlr) au 68e Festival de Berlin.

Projection au cinéma l’Arlequin (Paris 6ème), le 15 avril à 20h30. Elle sera suivie d’un débat avec les réalisateurs.

« Sócrates » d’Alex Moratto

À la mort soudaine de sa mère, qui l’a élevé seule, Sócrates, 15 ans, se retrouve livré à lui-même. Son père, toujours vivant, ne veut pas d’une « tapette » chez lui, et refuse de l’héberger. Cet adolescent doit apprendre à survivre dans les rues de São Paulo, se faire une place. Mais surtout, Sócrates doit survivre à la misère et aux préjugés dont il souffre à cause de son homosexualité. Tout au long du film, il tente de garder ses valeurs et ses idéaux  malgré la peur de ne pas s’en sortir seul. Pour un premier long métrage, Alex Moratto navigue dans cette jungle urbaine avec poésie et sensibilité. À noter que le film a été doté d’un microbudget de l’Unicef et conçu en majorité avec des jeunes défavorisés de cette ville du Brésil.

Projections au cinéma l’Arlequin, les mercredi 10 avril à 16h30 et vendredi 12 avril à 21h.

« Le baiser sur l’asphalte », de Murilo Benício

Le film est une adaptation de la pièce de théâtre éponyme du dramaturge brésilien Nélson Rodríguez, écrite en 1960. Avant de mourir, un jeune homme renversé par un bus demande à un passant de l’embrasser sur la bouche. Mais il se trouve que le badaud en question, prénommé Arandir, est marié à une femme. Amado, un journaliste sans scrupules qui a assisté à toute la scène, incite la police à enquêter sur une supposée relation amoureuse interdite entre les deux hommes. Soupçonné de toutes parts, Arandir doit également affronter les soupçons de son beau-père, de ses collègues et de sa femme.

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Projections au cinéma l’Arlequin, mardi 9 avril à 20h30 (séance d’ouverture) et lundi 15 avril à 16h.

Crédit photo : Optimale Films / Querô Filmes. 

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