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On n’oublie jamais sa première Marche des Fiertés, la preuve

marches des fiertés attentat de Nice

Un jour, à 15, 21 ou 28 ans, ils et elles ont décidé de sauter le pas et de participer à leur première Marche des Fiertés. Olivier, Naomi et les autres nous racontent cette journée marquante.

 

• Maé*, à Paris en 2016: « J'ai vu tous ces gens à qui je pouvais m'identifier, et je me suis dit qu’être bi n'était pas qu’une phase »

« J'avais 15 ans pour ma première Pride. J'étais en 3eme et je n'étais pas encore out. En réalité, je savais seulement que je n'étais pas hétérosexuelle, mais je n'étais pas vraiment renseignée sur tout le spectre des sexualités.

J'y suis allée avec des amis de mon collège. J'étais euphorique en arrivant et hyper rassurée en repartant. J'avais vu tous ces gens autour de moi à qui je pouvais m'identifier. Comme il y avait beaucoup d'adultes, je me suis dit qu’être bi ce n’était pas qu’une « phase ». Que j’avais « un avenir » en quelque sorte.

J'étais également rassurée parce que j'avais vu que mes amis semblaient parfaitement à l'aise avec toute la communauté LGBT+. Il n'y avait pas eu de moqueries. C'était d'ailleurs eux qui m'avaient poussée à y aller. On venait surtout pour s’amuser, mais quand j’en ai reparlé avec eux plus tard, ils m’ont dit qu’ils considéraient déjà que je faisais partie de la communauté LGBT. Que même si je n’avais rien dit à l’époque, même s'ils ne m'avaient pas posé de questions et ne connaissaient pas précisément mon orientation sexuelle, ils m’acceptaient comme j’étais. »

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• Olivier, à Paris à 28 ans : « J'y suis allée avec ma fille de 4 ans sur les épaules et on s'est beaucoup amusé·es »

Crédit photo : Gaelle BC

« La première fois que je suis allé à une Marche des Fiertés, c'était en 1992, peu de temps après m'être séparé de ma femme. J'avais 28 ans, je venais de rencontrer un garçon et je voulais vivre avec lui. J'y suis allé avec ma fille de 4 ans sur les épaules - elle en a aujourd'hui 30 et moi 55. C'était comme un fête foraine pour elle, un chouette endroit avec de la musique, des gens déguisés et qui dansaient. Je croisais plein de regards bienveillants, on nous souriait beaucoup. J’imagine que j’étais perçu comme un père hétéro sympathisant.

Ce dont je me souviens aussi c'est d'avoir été littéralement bouleversé, au point de verser des larmes, par cette foule, cette fête. Je n'ai pas souvent le sentiment de faire partie d'une communauté, mais là, j'étais entouré par mes frères et mes sœurs. Pendant quelques heures nous étions fier·e·s, nous manifestions pour nos droits dans une espèce de kermesse politique. J'ai arrêté de pleurer. J'ai ri. J'ai dansé avec la petite. C'était chouette et fort ! »

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• Alex, à Lille à 15 ans : « J'ai découvert l’existence de la transidentité... et j’ai compris que je voulais transitionner »

Alex à l'Existrans 2018

« Ma première pride c’était celle de Lille, quand j’étais au lycée. Je n’étais pas out en tant que mec transgenre, mais je sortais avec une fille et j’étais perçu comme lesbienne. En vrai ce jour-là a été une révélation, j’ai tout bonnement découvert l’existence de la transidentité, je ne savais pas que ça existait avant.

J’ai d’abord ressenti un malaise, je ne savais pas quoi faire de cette information. J’ai essayé pendant une grande partie de la Marche de pas regarder les personnes avec les drapeaux trans' parce que ça me mettait physiquement face au fait que, moi aussi, je voulais transitionner.

Puis on a fait la fête entre cop·a·ines de lycée et j’ai senti que j’étais à ma place. J’ai lu les slogans sur les pancartes, certains m’ont vraiment interrogé et m’ont permis d’amorcer ma construction militante. Bref, ce jour a vraiment changé ma vie. »

 

• Hugo, à l'île Maurice à 15 ans : « J’étais terrifié par les messages haineux des contre-manifestants, mais c’est vite passé ! »

Maurice Marche des fiertés pancartes homophobes

Marche des fiertés LGBT 2016 à l'Île Maurice.

« En 2017, j'avais 15 ans, j'habitais à l'ile Maurice et je sortais avec mon premier copain. Il était très impliqué dans le Collectif Arc-en-Ciel, une association qui défend les droits des personnes LGBT et organise la Marche des Fiertés mauricienne.

Au début de la Marche, on a été confronté·es à un groupe de contre-manifestants. J’étais terrifié par les messages haineux sur leur panneaux et par leurs visages et leurs cris. Mais c’est vite passé ! Mon copain les narguait avec ses panneaux pro-LGBT et ses talons. J’étais admiratif !

Pendant la suite de la Marche, j'ai été très ému. Je ne m’étais jamais senti autant à ma place et aussi soutenu. J’étais entouré de gens qui vivaient et qui avait vécu la même chose que moi, et j'ai ressenti énormément de fierté et d'amour pour cette communauté.

L'année suivante, en 2018, la Marche n'as pas eu lieux a cause des trop nombreuse menaces qu'elle avait reçues. Je suis d’autant plus fier d’avoir pu y participer cette année-là. »

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• Geoffrey, à Paris à 21 ans : « J'avais des a priori... et en fait je me suis senti tout de suite à ma place »

« Ma première Marche des Fiertés est toute récente : c’était l’année dernière ! J’ai visé haut, je suis allée à celle de Paris, à 2 heures en train de chez moi, à Nancy. J’ai 22 ans et ça faisait plusieurs années que je voulais y aller, mais mon ex ne voulait pas du tout montrer de marque d’affection en dehors de la maison. Donc pas de Pride. Mais avec la personne avec qui je suis actuellement, les choses sont différentes, on se tient la main dans la rue sans problème, comme un couple hétérosexuel pourrait le faire.

Donc l’année dernière j’ai décidé de découvrir la Pride. Au début j’avais quelques a priori, je me disais « si ça se trouve il n’y a que des gens en cuir ». Après tout, dans beaucoup d’articles et de reportages, on ne montre que ça de la Pride. Mais en arrivant à Paris, on a tout de suite été chaleureusement accueillis, par des associations, par les autres participant·es, etc. Je me suis directement senti à ma place ! Désormais c’est une des seules journées que je ne pourrais rater pour rien au monde !

Ce que je voudrais dire à celles et ceux qui hésitent encore à y aller (parce qu’ils et elles ont peur ou n’ont pas encore fait leur coming out), c’est « n’hésitez pas à venir ! ». C’est important de sauter le pas parce que l’humeur est tellement chaleureuse que vous vous sentirez directement à votre place. Les gens sont vraiment là pour s’amuser et passer la plus belle des journées ! Et aussi, n’hésitez pas à ramener vos ami·es, votre famille, ça peut ouvrir les esprits ! »

• Naomi, à Paris à 24 ans : « C'était trop bon de pouvoir tenir la main de ma copine dans la rue »

Naomi (à gauche) et Carole-Anne (à droite).

« J’ai 25 ans, et ma première Pride c’était à Paris, en 2018, avec ma copine. Je suis bi et c’est la première fois que je suis en couple avec une femme. Carole-Anne avait déjà participé à d’autres Pride et c’est elle qui m’a proposé d’aller défiler.

J’étais heureuse, amoureuse et j’ai adoré cette journée ! J’ai juste beaucoup aimé pouvoir être avec ma chérie, lui tenir la main, sans me sentir jugée par les gens autour. Tout le monde était joyeux. C’était top ! Ça fait maintenant plus de 2 ans qu’on est ensemble et j’ai hâte de retourner célébrer ça dans la rue cette année encore ! »

 

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* Le prénom a été modifié. 


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