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Uber va lancer un « bouton anti-discrimination »

INFO TÊTU - La plateforme de VTC Uber doit annoncer ce jeudi 14 novembre la signature d'un partenariat avec SOS Homophobie ainsi que le lancement d'un "bouton anti-discrimination" sur son application.

Selon nos informations, la célèbre plateforme de VTC (véhicule avec chauffeur) Uber doit annoncer ce jeudi 14 novembre le lancement d'un "bouton anti-discrimination". A la fin d'une course, un client ou un chauffeur pourra ainsi signaler s'il a été victime de propos, d'insultes ou de violences physiques en raison de son orientation sexuelle, de son identité de genre, de son origine, de sa religion ou encore de son handicap.

Concrètement, il faudra se rendre dans l'onglet "Vos courses", cliquer sur le trajet concerné et se rendre dans la rubrique "Aide", en bas de la page. Aujourd'hui, on y retrouve plusieurs cas de figure tels que : "J'ai eu un accident" ; "J'ai perdu quelque chose" ou "J'ai été facturé plusieurs fois". Comme le confirme à TÊTU Rym Saker, directrice de la communication d'Uber France, les usagers auront désormais la possibilité de sélectionner : "J'ai été victime de discrimination".

"En cas de discrimination subie, vous pourrez nous le signaler plus facilement et le cas nous sera ainsi remonté beaucoup plus clairement", détaille-t-elle. En fonction du niveau de gravité de l'incident, et comme c'est déjà le cas aujourd'hui, l'auteur présumé verra son compte Uber fermé le temps de l'enquête interne, jusqu'à une éventuelle interdiction définitive d'utiliser l'application.

Cette nouvelle fonctionnalité, qui sera lancée dans toute la région EMEA (Europe, Moyen-Orient et Afrique), devrait être active dès jeudi 14 novembre.

"Une bonne initiative", selon SOS Homophobie

"Une bonne initiative", selon Jeremy Faledam, co-président de SOS Homophobie, qui tient à "saluer l’engagement d'Uber sur ces questions". Le conseil d'administration de l'association française a d'ailleurs acté ce mardi 12 novembre un partenariat avec Uber. "Cela fait plusieurs mois que l'on échange avec leur équipes, confirme Jérémy Faledam. Ils nous ont proposé que l'on intègre 'Driving Change' (leur programme de lutte contre les violences sexuelle basées sur le genre)."

Car mieux signaler les discriminations c'est bien, les éradiquer, c'est mieux. "Nous voulons les aider à créer des outils de sensibilisation qui puissent être diffusés à leurs usagers via l'application ; sensibiliser leurs salariés en interne et réfléchir à comment apporter des informations adaptées à leurs chauffeurs", explique Jérémy Faledam.

Réussir à "intéresser et parler avec les chauffeurs de ces questions"

Pour Rym Saker, l'un des principaux enjeux dans la lutte contre les discriminations est de réussir à "intéresser et parler avec les chauffeurs de ces questions". Elle nous assure que les chauffeurs n'étant pas des salariés de Uber, il n'est pas possible de les "former" à proprement parler.

Uber France souhaite ainsi, avec l'aide de SOS Homophobie, "développer du contenu de sensibilisation" Les chauffeurs devraient ainsi avoir prochainement accès à des vidéos sur leur site internet dédié où seront abordées ces questions. Les usagers, eux, pourraient être sensibilisés sur ces questions avec des messages 'pop-up' via l'application ou des campagnes sur les réseaux sociaux.

Un partenariat qui devrait d'ailleurs bénéficier à tout le monde. "Uber peut nous aider sur nos missions phares, comme le soutien aux victimes, estime Jérémy Faledam. On travaille déjà sur une modernisation de notre site et l’intégration d’un nouvel outil d'aide aux victimes en complément de notre ligne d’écoute".

Des situations récurrentes

En février dernier, nous avions publié une enquête sur les discriminations rencontrées par les personnes LGBT dans les VTC et la crainte d'être "out" lors d'une course. Ces derniers mois, nous avons également publié plusieurs articles  concernant des violences commises par des chauffeurs VTC. Un étudiant de 23 ans s’est fait renverser une bouteille d’alcool sur lui en septembre dernier et un couple d’hommes a été violemment frappé en octobre.

A LIRE AUSSI : "Je ne prends pas les pédés" : les LGBT au placard dans les VTC 

A l'époque, nous avions contacté plusieurs plateformes telles que Uber, Txfy, Kapten (ex-Chauffeur Privé), qui condamnaient évidemment unanimement les comportements homophobes, racistes, sexistes ou encore antisémites.

Crédit photo : Shutterstock.


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