« Zones sans LGBT » : le Centre-Val de Loire rompt avec une région polonaise

Alors que les "zones sans LGBT" se multiplient en Pologne, la région Centre-Val de Loire a annoncé le gel de ses relations avec la voïvodie de Petite-Pologne, qui s'est proclamée en avril dernier "indemne de LGBT".

Après les villes de Saint-Jean-de-Braye dans le Loiret et Nogent-sur-Oise, c'est désormais aux régions de passer à l'action. Comme l'a indiqué TÊTU sur sa carte des collectivités françaises jumelées ou coopérant avec des "zones sans LGBT" en Pologne, en effet, trois régions françaises ont signé des accords de coopération avec des voïvodies (équivalent des régions françaises) épinglées par les concepteurs polonais de l'Atlas de la haine pour avoir pris des résolutions anti-LGBT+ : l'Auvergne-Rhône-Alpes, le Grand Est et le Centre-Val de Loire.

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C'est cette dernière qui a décidé d'ouvrir la voie à l'échelle régionale, comme l'a indiqué France Bleu lundi 24 janvier, se référant à un communiqué de la région Centre-Val de Loire publié le même jour. Le texte, cosigné par le président PS de la Région François Bonneau et par son vice-président EELV Charles Fournier, annonce que la collectivité territoriale a "décidé de geler ses relations avec les autorités de la région Malopolska". En effet, en avril 2019, les élus de la région conservatrice de Małopolska, désignée sur notre carte par son nom français de voïvodie de Petite-Pologne, avaient adopté une résolution proclamant que la Petite-Pologne devait être "indemne de LGBT". "Ces activités visent à anéantir les valeurs façonnées par l'héritage séculaire du christianisme, particulièrement importantes pour les habitants de la Petite-Pologne", développait le document.

"Motion clairement homophobe"

Le communiqué de la région Centre-Val de Loire précise toutefois qu'elle "n'entretient plus de relations actives avec les autorités de la région polonaise de Malopolska" depuis deux ans. Mais dispose bien d'un "cadre de coopération décentralisée" avec la voïvodie de Petite-Pologne, encourageant par exemple des échanges éducatifs, culturels ou scientifiques. Il s'agit donc avant tout d'une décision symbolique, qui vise à geler cet accord afin de dénoncer une "motion clairement homophobe en se déclarant "zone libre" d'une prétendue "idéologie LGBTI"", indique le communiqué, qui rappelle le vote des eurodéputés le 18 décembre 2019 contre ce type de résolutions. "Ce gel se poursuivra tant que le respect des droits humains ne sera pas restauré conformément aux principes et valeurs de l'Union européenne", précisent le président et le vice-président la Région.

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Depuis début 2019, au moins 88 communes, districts et voïvodies ont adopté des résolutions anti-LGBT+ pour soi-disant défendre "l'identité chrétienne" de la Pologne. Parmi elles, la ville de Tuchów, située dans la voïvodie de Petite-Pologne, avec laquelle Saint-Jean-de-Braye a annoncé vendredi 14 février suspendre ses "relations officielles", alors que les deux villes sont jumelées depuis 2000. Une décision pionnière qui avait fait les gros titres de la presse polonaise internationale.

Encore 12 collectivités françaises concernées

Comme le relève la chaîne européenne Euronews, quatre jours après l'annonce, la commune de Włodawa, dans la voïvodie de Lublin - voïvodie elle aussi "zone sans LGBT" -, en a profité pour proposer à Saint-Jean-de-Braye un nouveau jumelage, expliquant qu'elle comprenait sa décision : "Je tiens à vous assurer que la Pologne est, dans la grande majorité des cas, un pays ouvert qui respecte la diversité et le multiculturalisme dans tous ses aspects."

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Le 20 février, Nogent-sur-Oise a à son tour suspendu sa relation avec la ville de Kraśnik. À l'heure actuelle, d'après notre recensement, 9 communes françaises sont encore officiellement liées à des "zones sans LGBT" polonaises (dans le Nord, Douai, Lambrez-les-Douai et Estaires ont condamné les résolutions sans toutefois rompre, pour le moment, leurs relations), ainsi que le département du Pas-de-Calais et les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Grand Est.

>>> Retrouvez la carte actualisée des collectivités françaises jumelées ou coopérant avec des "zones sans LGBT" en Pologne

 

Crédit photo : Région Centre-Val de Loire


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