agressionUn jeune homme jugé pour le viol "punitif" d'une lesbienne

Par Timothée de Rauglaudre le 04/03/2020
viol

En 2017, il avait violé une jeune femme après lui avoir dit : "Tu kiffes les meufs, je vais te faire kiffer." Il sera jugé jeudi et vendredi aux assises de Bobigny.

C'est une histoire sordide qui va pouvoir, fait rare, être traduite devant la justice. Jeudi 5 et vendredi 6 mars, un jeune homme de 24 ans sera jugé aux assises, au tribunal de Bobigny (Seine-Saint-Denis) pour viol, violences physiques et vol sur une jeune femme "en raison de son orientation sexuelle". "Il m'a punie pour trois choses : être lesbienne, ne pas avoir eu peur de le ramener chez moi et ne pas avoir eu peur de lui dire non", a déclaré Jeanne*, la victime présumée, à l'AFP, citée par RTL.

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Les faits remontent à octobre 2017. Jeanne, alors âgée de 30 ans, boit une bière avec une amie sur les marches de la place de la République à Paris, après une soirée en boîte de nuit, quand un jeune homme les aborde. Quand il devient dragueur, Jeanne lui explique qu'elle est lesbienne. La soirée se poursuit. "Séduite", la jeune femme finit quand même par rentrer chez elle à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) accompagnée du jeune homme en question.

"Tu kiffes les meufs, je vais te faire kiffer"

Commence un rapport sexuel, avant que Jeanne se ravise et décide d'y mettre fin. L'homme se met alors à la traiter de "petite conne" et ajoute : "Ah, tu kiffes les meufs, je vais te faire kiffer." Puis il la frappe et la viole pendant près de deux heures, et part en volant la chevalière et la carte bleue de Jeanne après avoir lancé : "T'as compris maintenant, tu feras moins ta conne ?" Quelques heures après, le médecin légiste relèvera de "très nombreuses plaies sur l'ensemble du corps", "une perforation du tympan" et des ecchymoses au niveau du cou et du thorax.  Ces blessures vaudront à Jeanne 20 jours d'Incapacité totale de travail (ITT).

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Interrogée par l'AFP, toujours citée par RTL, Jeanne déclare : "Porter plainte pour viol c'est terrible, c'est un combat long et dur qui s'ajoute au viol. Aller au bout de la procédure, supporter cette épreuve en vaut la peine si elle permet de faire passer la justice." D'après le secrétariat d'État chargé de l'Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations, seule une personne sur cent accusée de viol serait effectivement condamnée par la justice.

*Le prénom a été modifié

 

Crédit photo : Clicsouris / Wikimedia Commons