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Le président turc Erdoğan défend un religieux liant homosexualité et maladies

En Turquie, les propos du chef des affaires religieuses associant homosexualité et maladies, pour le début du ramadan, ont été vivement critiqués. Le président Erdoğan, lui, a pris sans nuances la défense du religieux.

D'après l'AFP, le président Recep Tayyip Erdoğan a pris la défense, lundi 27 avril, du chef de la Présidence des affaires religieuses (Diyanet İşleri Başkanlığı ), administration rattachée au cabinet du Premier ministre, qui a déclenché une polémique en faisant un lien entre l'homosexualité et les maladies. « Une attaque contre lui est une attaque contre l’État », a martelé lundi le président Erdoğan lors d'une allocution télévisée.

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Vendredi, à l'occasion du début du ramadan, Ali Erbaş, docteur et professeur en histoire des religions, chef de la Présidence des affaires religieuses, avait en effet avancé lors d'un sermon adressé aux fidèles musulmans que « l’islam considère la fornication comme l’un des plus grands péchés et condamne l’homosexualité », car « elles apportent avec elles les maladies », une référence directe au sida.

Sur les réseaux sociaux, toujours d'après l'AFP, de nombreux internautes ont dénoncé les propos « haineux » d'Ali Erbaş, accusé de « diviser au lieu de rassembler » en ces temps de pandémie de Covid-19. L'Association des droits de l'homme (İHD), organisation non gouvernementale, a indiqué lundi qu'elle allait porter plainte contre le chef religieux, estimant que « ses propos haineux constituent un délit ».

« Déclarations d'un autre âge »

De son côté, l'Association du barreau d’Ankara, l’une des plus puissantes organisations d’avocats du pays, a fait part dans un communiqué publié dimanche de sa « sidération » et dénoncé les « déclarations d’un autre âge » d'Ali Erbaş. En réaction, le procureur général d’Ankara a ouvert lundi une enquête contre ce regroupement d'avocats pour « dénigrement des valeurs religieuses ». Dans son allocution, le président Erdoğan l'a enjoint de « rester à sa place », l'accusant d' « attaquer directement l'islam ». Et d'ajouter que ce qu'avait dit Ali Erbaş était « entièrement vrai ». Déjà, en 2013, celui qui était alors Premier ministre avait affirmé que l'homosexualité était une « préférence sexuelle » qui était « contraire » à l'islam.

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Si la République de Turquie est un des rares pays à majorité musulmane où l'homosexualité n'est pas illégale, l'homophobie a gagné du terrain depuis l'arrivée au pouvoir en 2002 du Parti de la justice et du développement (AKP), islamo-nationaliste, dirigé par Erdoğan. « Le gouvernement de ce pays désavoue les principes d'un État de droit moderne et agit comme si nous vivions dans un État religieux non officiel, a dénoncé mercredi le quotidien kémaliste, laïque de centre-gauche, Cumhuriyet. Comme tout le monde le répète depuis deux jours, l'homosexualité n'est pas une maladie, elle n'est pas traitée, mais l'homophobie est une maladie psychologique et peut être traitée. Et l'État peut aussi tomber malade. Et il peut également être traité. »

 

Crédit photo : Page Facebook d'Ali Erbaş


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