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Qui est Élisabeth Moreno, la remplaçante de Marlène Schiappa ?

Élisabeth Moreno a remplacé Marlène Schiappa au ministère de l'Égalité entre les femmes et les hommes. Dirigeante d'entreprise, la nouvelle ministre est jusqu'alors restée discrète sur les droits LGBT+.

C'est une dirigeante d'entreprise qui a remplacé Marlène Schiappa au ministère de "l'Égalité entre les femmes et les hommes, de la Diversité et de l'Égalité des chances". L'autrice de "Maman travaille" a été nommé ministre déléguée à la Citoyenneté, lundi 6 juillet. Si le secrétariat d'État est devenu un ministère délégué - et donc plus haut dans l'ordre protocolaire, on note toutefois que la lutte contre les discriminations ne figure plus dans l'intitulé du portefeuille.

C'est donc Élisabeth Moreno, méconnue du grand public, qui remplacera Marlène Schiappa rue Saint-Dominique. En effet, elle ne milite pas en tête de cortège des manifestations ou sur les plateaux de télévision. Mais plutôt dans l'ombre des couloirs des entreprises de l'informatique. Cette femme de 49 ans a été présidente de HP pour la zone Afrique. Avant cela, elle a passé six ans chez Lenovo (un autre fabricant d'ordinateurs), mais aussi chez Dell ou Orange en charge de la transformation de l'institution publique (à l'époque France Télécom) vers une entreprise de droit privé.

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"Savoir s'entourer"

Sur la place des femmes dans l'entreprise, la dirigeante fait déjà polémique. Aux femmes victimes de sexisme, Élisabeth Moreno conseille non pas de se battre contre les représentations des hommes, mais de "prendre davantage de responsabilités". Selon elle, citée par Les Echos, "plus vous montez dans la hiérarchie, moins vous êtes confrontée au sexisme. Au-delà des compétences de chacune, il est extrêmement important de savoir s'entourer d'hommes ou de femmes qui ont suffisamment voix au chapitre dans l'entreprise et pourront être vos sponsors. Il faut oser. Oser agir et oser parler". Elle dit avoir été confrontée au sexisme en entreprise : "Lorsque vous êtes la seule femme parmi plusieurs hommes, on vous demande plus spontanément d'apporter le café ou d'appeler un taxi". Alors, elle a intégré le réseau d'entreprise Inter'Elles, un cercle qui milite en faveur de la mixité dans les secteurs scientifiques et technologiques.

"Élisabeth Moreno porte un féminisme pragmatique, qui n'est pas dans l'excès ou l'hystérie. On vit dans un monde à domination machiste, mais l'agressivité se retourne régulièrement contre les femmes", explique à Têtu Aude de Thuin, la fondatrice de Women in Africa et amie de longue date de la nouvelle ministre.

Rien sur les questions LGBT+

Elle prend comme exemple son parcours pour témoigner de son engagement pour la diversité. La cap-verdienne est arrivée en France en 1977 à l'âge de six ans. Ses deux parents ne savent alors ni lire ni écrire. Dans La Tribune, elle dit avoir "un parcours d'émigrée classique". "À l'école, j'étais la seule petite fille noire, quand j'ai démarré dans ma vie professionnelle, non seulement j'avais toujours la même couleur de peau, mais j'étais une femme, jeune qui plus est, dans un secteur ultra masculin", détaille-t-elle. Si elle a dû se battre pour faire carrière, elle conçoit la diversité comme un avantage pour l'entreprise, plutôt qu'un droit humain. "À un moment ou la pénurie des talents menace, dans les métiers de pointe, mais aussi au niveau des leaders de haut niveau, négliger 51 % du vivier de talents est très clairement contre-productif pour notre économie", écrit-elle dans le journal économique. Au passage, les femmes que "la pénurie de talent" ne protège pas peuvent aller voir ailleurs.

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Élisabeth Moreno n'a pas fait entendre sa voix sur les droits LGBT+. Son amie Aude de Thuin a répondu à TÊTU qu'elle ne "pouvait pas se prononcer là dessus". Elle sera pourtant attendue sur ces sujets, alors que le dernier rapport de SOS fait état d'une augmentation "alarmante" des actes LGBTphobes en 2019, et que la France a reculé dans le classement de l'ILGA des pays européens qui protègent le mieux les personnes LGBT+. L'ouverture de la PMA pour toutes est aussi attendue de longue date. Après avoir été repoussée plusieurs fois, le texte devait être débattu en seconde lecture à l'Assemblée nationale ce lundi 6 juillet. Faute de gouvernement pour porter le texte, l'examen du texte a, une nouvelle fois, été reporté.

Crédit Photo : Capture d'écran Youtube / Women in Africa


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