L’entourage de Schiappa réticent à un « fonds d’urgence » pour les travailleuses du sexe

Des associations ont demandé lundi un "fonds d'urgence" pour les travailleuses du sexe, encore plus précarisées par le confinement. "Très compliqué", répond l'entourage de Marlène Schiappa.

"Très compliqué". C'est la réponse du secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations de Marlène Schiappa aux demandes des travailleuses du sexe, livrée au HuffPost lundi 6 avril. Dès la fin du mois de mars, TÊTU avait enquêté sur la précarisation accrue par le confinement de celles et ceux qui exercent la prostitution. Beaucoup se retrouvent sans activité et sans filet de sécurité. Une partie n'a d'autre choix que de poursuivre son activité, augmentant les risques de contamination. "On va avoir des mortes et tout le monde s’en moque", s'était inquiétée Anaïs de Lenclos, porte-parole du Syndicat du travail sexuel (Strass).

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De son côté, le secrétariat d’État indiquait simplement "qu’un dispositif a été lancé pour mettre à l’abri les personnes sans abri quelle que soit leur activité". Depuis, la Fédération parapluie rouge, qui regroupe des associations de défense des droits des travailleuses et travailleurs du sexe, dont le Strass mais aussi l'association trans Acceptess-T, a lancé ce lundi un appel au président Emmanuel Macron, lui demandant la mise en place d'un "fonds d'urgence" pour celles et ceux qui sont frappées par une "insécurité financière extrême", afin de "permettre un revenu de remplacement le temps du confinement, sans condition de régularité de séjour".

Des députés montrent au créneau

Le même jour, l'Inter-LGBT répondait dans un courrier à une interpellation de Marlène Schiappa qui avait demandé le report des Marches des fiertés prévues cet été. "Nous attirons aussi votre attention sur les grandes difficultés auxquelles doivent faire face les travailleur·se·s du sexe dont les règles de l’état d’urgence sanitaire accroissent fortement leur situation de précarité", écrivait la fédération. Même dans la majorité parlementaire, certains s'interrogent. Le 1er avril, la députée LREM de l'Allier Laurence Vanceunebrock-Mialon avait adressé, avec certains de ses collègues comme Aurélien Taché, un long courrier à Marlène Schiappa : "Les mesures mises en œuvre par le gouvernement ne semblent malheureusement pas répondre pleinement aux besoins exprimés sur le terrain."

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Contacté par TÊTU, le cabinet du secrétariat d’État à l’Égalité entre les femmes et les hommes et de la Lutte contre les discriminations a indiqué vendredi dans un mail : "Une réponse à la députée LREM Mme Laurence Vanceunebrock-Mialon est en préparation." Auprès du HuffPost, le secrétariat d’État a déjà dévoilé une partie de sa réponse : "Par définition, il est très compliqué pour l’État d’indemniser une personne qui exerce une activité non déclarée telle que la prostitution." Il est pourtant possible et déclarer ses revenus quand on exerce la prostitution, qui est une activité légale. Et la source ministérielle d'indiquer que des dispositifs d'hébergement d'urgence sont déjà mis en place par l’État, qui soutient par des "conventions pluriannuelles les associations nationales qui assistent et accompagnent les personnes en situation de prostitution". Une référence aux associations qui visent à abolir la prostitution et non celles qui sont constituées par les travailleuses du sexe elles-mêmes.

 

Crédit photo : Facebook / Marlène Schiappa


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