Bientôt une « galerie d’art » sur Grindr ?

L’application de rencontre se cherche un nouveau souffle. Aux Etats-Unis, elle expérimente de nouvelles fonctionnalités espérant rompre avec son image « d’appli à plan cul ».

Est-ce qu’il vous ait déjà arrivé d’être frustré par Grindr ? Non pas sexuellement. Mais de vous dire: « J’aimerais que cet espace serve à autre chose qu’à recevoir des dick pics et trouver un plan cul ? » Si c’est le cas, vous allez adorer cette évolution.

L’application de rencontre gay, qui a récemment changé de propriétaire pour la modique somme de 608 millions de dollars, a développé des « cercles » d’amis permettant aux utilisateurs d’échanger sur des sujets de discussion prédéfinis : les jeux vidéo, les compétitions de drag-queens, le militantisme et la Pride… et enfin un dernier « cercle » dédié à l’échange d’images artistiques et de photographie queer. Introduite en avril dernier, cette nouvelle fonctionnalité n’est pour l’instant disponible qu’aux Etats-Unis.

De l’art ou du cochon ?

Le principe est simple: A la manière d’une bonne vieille chatroom, il suffit de cliquer sur le « cercle » d’un sujet de conversation pour découvrir autour de soi d’autres personnes LGBT+ ayant la même envie d’échanger sur ce thème.

capture écran de la page Grindr dédiée aux "circles"

Le cercle « art » invite ainsi à « partager, célébrer, critiquer et donner un avis amical » sur les oeuvres des uns des autres. Et de quel genre d’oeuvre s’agit-il ? A en croire les membres de Reddit, il s’agit surtout… de photos de mecs à poil.

capture écran d’une oeuvre postée sur le cercle « Art » de Grindr

« C’est censé être un groupe chat sur des sujets précis, mais en fait, c’est juste un flux continu de photos de teubs non-désirées ! » se lamente NoPicNoChat. Même expérience pour ce Twitto un peu curieux qui résume la scène en un gif :

Sous le feu des critiques

Il s’agit d’une tentative pour Grindr de briser son image d’application bêtement sexuelle pour devenir un forum plus utile à la communauté LGBT+. Mais apparement, la mutation est difficile. De fait, l’appli de rencontre n’a que très peu évolué depuis son lancement il y a 11 ans.

Sécurité des données, outing (comme récemment au Maroc), racisme, guet-apens (comme à Bastia, en Corse), rôles déterminant dans les usages de chemsex, dirigeants hétéros, jugée nocive, intolérante et déprimante… ces dernières années, l’application est sous le feu des critiques.

Depuis peu Grindr autorise les utilisateurs français à synchroniser leurs chansons préférées sur leur profil, histoire de créer un environnement (un peu) moins tourné vers le sexe. Reste à savoir si, et quand, les « circles » seront mis à la disposition des Français. A ce jour, Grindr n’a fait aucun commentaire sur le déploiement de cette évolution.

crédit image: Shutterstock


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