États-Unis35 ans après leur interdiction, les saunas gays pourront rouvrir à San Francisco

Par Romain Burrel le 05/08/2020
saunas

Fermés au début de la crise du sida dans les années 80, les sex clubs humides pourraient faire leur retour dans l'emblématique ville californienne. Raison invoquée : booster une économie mise à mal par le Covid-19.

Fermés pour cause d'épidémie. Rouverts en raison d'une autre. Tel pourrait être le destin des saunas gays à San Francisco. Le conseil du comté de la ville, l'équivalent de nos conseils municipaux, a voté à l’unanimité, mardi 21 juillet, la suppression des restrictions sur les saunas gays. En rouvrant ces établissements, les élus espèrent "favoriser la reprise économique après le COVID-19", rapporte le journal SF Weekly.

La ville de San Francisco avait décidé la fermeture des saunas gays en 1984. Quand la crise du sida frappait durement la population LGBT+ de la ville. À l'époque, les autorités avaient alors qualifié les saunas de "nuisance pour la santé publique". Elles avaient même poursuivi en justice certains propriétaires d'établissements.

Hors de la ville

Ces procès n'ont jamais ordonné la fermeture de ces bains publics pour garçons. Mais les mesures drastiques ordonnées par la suite - cameras de surveillance pour s'assurer que les clients n'avaient pas de relations sexuelles, condamnation des cabines... - en empêchaient l'exploitation.

En conséquence, les établissements ont fini par fermer les uns après les autres. En 1997, le conseil municipal avait renouvelé ces restrictions. Il existe bien des sex clubs gays à San Francisco mais techniquement, ce ne sont pas des saunas. Les seuls établissements de ce type sont situés en dehors de la ville, à Berkeley et San José. Rafael Mandelman, le superviseur ouvertement homosexuel du 8e district, qui comprend le quartier gay historique de Castro, a donc décidé que cette interdiction devait cesser.

En février, l'élu a présenté une nouvelle ordonnance supprimant les règles interdisant que les clients des saunas puissent verrouiller les portes des cabines privées ainsi que celles obligeant les établissements à embaucher une personne pour empêcher les clients d'avoir d'avoir des relations sexuelles non-protégées.

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L'ère de la PrEP et du U=U

Les associations de lutte contre le VIH saluent cette mesure comme un pas supplémentaire vers la "décriminalisation de la sexualité" : "Il est temps de mettre fin à des réglementations mises en place à un moment marqué par la peur et le manque de connaissances pour rattraper les progrès que nous avons réalisés dans la lutte pour mettre fin au sida", a indiqué Joe Hollendoner, PDG de la San Francisco AIDS Foundation dans un communiqué de presse. "À l'heure de la PrEP, du U = U (indétectable = non transmissible) et d'autres progrès en matière de santé sexuelle, les restrictions des bains sont désormais désuètes et stigmatisantes."

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