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Les Français ne voient pas d’amélioration dans l’inclusion des LGBT+, selon une étude du Refuge

54% des Français pensent que les personnes LGBT+ ne sont pas mieux acceptées aujourd'hui qu'il y a trois ans, selon une étude du Refuge. Les répondants demandent que l'État sanctionnent plus sévèrement les actes LGBTphobes.

C'est un triste constat que fait l'association Le Refuge. Dans un sondage publié ce lundi 5 octobre, l'association rapporte que 41% des Français pensent que les personnes LGBT+ ne sont "ni mieux ni moins bien acceptées" qu'il y a trois ans. 13% de la population pense même que les personnes LGBT+ sont moins bien acceptées qu'en 2017. Le dernier rapport de SOS homophobie faisait état d'une hausse "alarmante" des témoignages de LGBTphobie. Malgré tout, 39% des Français estiment que la situation des personnes LGBT+ s'est globalement améliorée.

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Au total, 65% des personnes interrogées remarquent avoir entendu des propos homophobes ou transphobes. Et 78% des répondants ont entendu le terme "pédé". "Les Français ont compris que 'pédé' était une insulte. Mais ils ne l'associent pas toujours à de l'homophobie, ce qui montre qu'il y a encore un énorme travail de pédagogie à faire. On constate une banalisation du terme", indique Frédéric Gal, le directeur général du Refuge. L'association inaugure aujourd'hui une exposition de photographies sous la Canopée des Halles à Paris. L'objectif est de montrer le parcours de jeunes qui ont fait appel à l'association, dans ce lieu particulièrement cosmopolite pour sensibiliser les passants.

Les Français appellent à plus de sévérité

47% des Français considèrent que la situation n'a pas évoluée dans le monde du sport. Preuve de cet environnement hostile, cet été, Winamax a publié un tweet avec un message homophobe et sexiste : "On prend l'Europe et on l'encule à deux". Bertrand Lambert, le président de Panamboyz & girlz united expliquait à TÊTU que cette phrase "donne un rang inférieur à celui qui se fait prendre. Les homos et les femmes sont montrés comme inférieurs au mâle hétérosexuel dominant. Il a aussi pour vocation de stigmatiser une sexualité".

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Plus récemment, un professeur de droit à l'université Panthéon-Sorbonne a assimilé le mariage pour tous avec celui d'un homme et d'une jument. Le prof a ensuite tenu des propos transphobes. "Globalement, lorsque des propos LGBTphobes sont prononcés, il n'y a pas ou peu de sanctions, ce qui empêche de montrer le caractère délictuel de tels propos". 73% des personnes interrogées par le sondage souhaitent que l'État fasse preuve d'une plus grande sévérité face aux insultes homophobes ou transphobes.

Un plan gouvernemental attendu

Au total, 31% des Français ont déjà vu une personne homosexuelle ou transgenre se faire insulter et 12% ont été témoin d'une agression à caractère LGBTphobe. Le gouvernement doit annoncer de façon imminente un plan attendu contre les LGBTphobies. Ce plan est d'autant plus crucial que près d'un Français sur deux considère que l'État ne s'implique pas assez. "La loi n'est pas suffisamment appliquée, regrette Frédéric Gal. Il est nécessaire de former les magistrats pour qu'ils puissent reconnaître les LGBTphobies. D'une manière générale les outils existent mais ne sont pas suffisamment déployés par manque de moyens humains", regrette le directeur du Refuge.

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*Sondage BVA pour Le Refuge réalisé sur un échantillon représentatif de 1001 personnes.

 

Crédit photo : Flickr / Amanda Tipton


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