bruno julliardTrois mois de prison avec sursis requis contre Marcel Campion pour des propos homophobes

Par Nicolas Scheffer le 16/10/2020
Marcel Campion

L'ancien Premier adjoint d'Anne Hidalgo poursuit Marcel Campion pour des propos homophobes tenus en 2018. Il s'en était notamment pris à Bruno Julliard, à l'époque premier adjoint à la mairie de Paris.

"Moi, j'ai rien contre les homos, d'habitude, je dis 'les pédés'. (...) J'ai rien contre eux, sauf qu'ils sont un peu pervers". Pour ces propos, Marcel Campion risque trois mois de prison avec sursis. C'est ce qu'a requis  le parquet devant le tribunal correctionnel de Bobigny, jeudi 15 octobre à l'encontre du "roi des forains". Il y est poursuivi pour avoir tenu ces propos homophobes en 2018 contre Bruno Julliard,  premier adjoint (à l'époque) de la maire de Paris Anne Hidalgo et ouvertement gay.

À LIRE AUSSI - Quand Brigitte Macron pose tout sourire avec l’homophobe Marcel Campion…

Selon Campion, ces propos n'ont "rien de méchant". "On n'a pas vécu la même époque", a-t-il tenté de justifier. Bruno Julliard et trois associations de lutte contre l'homophobie ont donc poursuivi Marcel Campion pour injure et diffamation à caractère homophobe. Ces propos ont été enregistrés par un journaliste indépendant lors d'une réunion politique. Marcel Campion lançait alors son parti, "Paris libéré" depuis Saint-Ouen le 27 janvier 2018 avec une vingtaine de militants.

"Toute la ville est gouvernée par des homos"

À propos de Bruno Julliard, il dit : "comme il était un peu de la jaquette, il a rencontré Delanoë (l'ancien maire de Paris, ouvertement homosexuel, ndlr), ils ont fait leur folie ensemble et paf, il est premier adjoint", a-t-il déclaré. "Moi, j'ai rien contre les homos, d'habitude, je dis 'les pédés'. (...) J'ai rien contre eux, sauf qu'ils sont un peu pervers", ajoutait-il. Marcel Campion déclarait également "toute la ville est gouvernée par des homos".

À LIRE AUSSI - Paris augmente ses subventions aux assos et annonce la création d’un centre d’archives LGBT+

Marcel Campion dit ne pas comprendre ces accusations. Le forain estime que personne n' "aura défendu l'homosexualité autant que moi" avant d'évoquer un "coup monté". Selon lui, ses propos visaient à dénoncer une "histoire interne" acec la ville de Paris qui a décidé fin 2017 de ne pas reconduire le marché de Noël sur les Champs-Élysées. Pendant l'audience, son avocat a estimé que les propos tenus lors d'une "réunion privée" ont été tronqués. Il a demandé la relaxe.

Trois mois de sursis et 5.000 euros d'amende

Le procureur ne l'a évidemment pas vu de cet oeil. "Marcel Campion ne semble pas avoir pris la mesure de ses propos qui, entendus et relayés auprès de certains esprits peuvent conduire à la montée des violences envers tous ceux qui sont différents", a plaidé le procureur, Loïc Pageot. Après avoir demandé une sanction de trois mois de prison avec sursis, il a requis une amende de 5.000 euros.

À LIRE AUSSI - Municipales à Paris : et le score de Marcel Campion est…

Garçon Magazine avait accordé un entretien au forain "sous forme de droit de réponse" pour répondre aux accusations d'homophobie. "Quand je dis : 'le PD', ce n’est pas une insulte dans ma bouche, je suis de la vieille école et on s’exprime comme ça, entre amis, y compris avec ceux qui sont gays", croyait-il justifier. En juin dernier, Christophe Soret, le directeur des magazines gays Garçon magazine et Qweek, figurait sur la liste de Marcel Campion.

Pour rappel, dans son dernier rapport, SOS homophobie fait part d'une hausse "alarmante" des témoignages de LGBTphobies qui ont augmenté de 26% en 2019 et 15% l'année précédente.

 

Crédit photo : Libérons Paris