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Deux Tchétchènes en « danger de mort » après leur arrestation en Russie

Une ONG de défense des droits des personnes LGBTQI+ s'inquiète du sort de deux hommes. Après avoir fui la Tchétchénie, ils ont été interpellés en Russie et escorté vers leur État d'origine en raison de leur homosexualité.

Ils sont en "danger de mort". Deux hommes ont été arrêtés en Russie et transportés vers la Tchétchénie. Salekh Magamadov et Ismaïl Issaev ont été interpellés par les forces de l'ordre dans l'ouest du pays. L'ONG LGBT Set craint pour leur survie dans ce pays qui persécute les personnes homosexuelles.

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Cela fait deux jours que l'ONG n'a pas d'information sur leur localisation. La dernière fois qu'ils ont été repérés, les deux hommes se trouvaient à Gouvermes, dans un commissariat tchétchène à 1.700 kilomètres de chez eux. "Ils sont fatigués et effrayés. Pendant tout ce temps, on a fait pression sur eux pour qu'ils refusent de faire appel à un avocat", rapporte l'association de promotion des droits de l'homme. "Notre avocat sur place attend l'interrogatoire et essaie de comprendre les raisons de ces arrestations", s'inquiète cette source auprès de l'AFP.

En "danger de mort"

L'ONG indique que ces deux hommes ont été arrêtés par le FSB, les services de sécurité. Mais leur avocat n'a pas été en mesure de confirmer cette information. Ils sont en "danger de mort", se désespère l'association qui précise que l'un des deux est mineur. "Il y a eu des précédents quand des proches ramenaient en Tchétchénie des personnes que nous avions évacuées puis ces personnes mourraient ou étaient sans doute assassinées", a indiqué un porte-parole. Ces deux hommes ont été évacués de la Tchétchénie en juillet 2020 avec l'aide de LGBT set.

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Quelques mois plus tôt, ils avaient été arrêtés par la police tchétchène et accusés de modérer une chaîne Telegram d'opposition au régime. Cette chaîne rassemblait des "athéistes" qui partageaient parfois des blagues sur les traditions islamiques tchétchènes, mais aussi des symboles chrétiens et LGBTQI+, rapporte le journal russe Novaïa Gazeta."Ils ont été interpellés initialement pour leur orientation sexuelle", poursuit le porte-parole de l'association.

25 autres participants ont subi le même traitement

Selon lui, en avril, ces hommes ont dû se filmer présentant des excuses où ils reconnaissaient "ne pas être des hommes". Sous la torture, ils ont dû reconnaître l'existence de Dieu, apprendre par cœur des pages du Coran et les hymnes russe et tchétchène. Selon LGBT set, 25 autres participants à la chaîne sur Telegram ont été soumis au même traitement après avoir été interpellés.

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Ni le FSB, ni le ministère de l'Intérieur tchétchène ou le Comité d'enquête russe n'ont répondu aux sollicitations de l'AFP. La Tchétchénie viole régulièrement les droits humains des opposants politiques, des femmes ou des personnes LGBTQI+. En septembre, une vidéo a été diffusée par le pouvoir tchétchène. Elle montre un opposant "s'excuser" pour avoir modéré une chaîne d'opposition, avant de se violer lui-même en s'asseyant sur une bouteille vide. En 2017, Novaïa Gazeta a révélé que des personnes homosexuelles étaient arrêtées de façon arbitraire, parfois torturées et même assassinés par la police.

 

Crédit photo : Shutterstock


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