Une scène atroce de viol d’un dissident tchétchène diffusée sur internet

Salman Tepsurkayev a dû prononcer des excuses pour avoir modéré une chaîne critique aux présidents Tchétchène et Russe. Il a ensuite dû se violer lui-même devant une caméra.

Un opposant à Ramzan Kadyrov a été contraint de se violer lui-même devant une caméra. Le dissident n'a que 19 ans. Ce Russe qui vit en Tchétchénie a dû filmer une vidéo "d'excuse" après avoir modéré une discussion Telegram critique à l'égard de Ramzan Kadyrov et de Vladimir Poutine. Après ses "excuses", Salman Tepsurkayev a été contraint à se sodomiser lui-même en s'asseyant sur une bouteille vide avant que la vidéo soit diffusée sur les réseaux sociaux et devienne virale, rapporte le Daily Beast cité par The Advocate.

Vague de contestation

L'adolescent est accusé d'avoir administré une discussion, 1ADAR, qui dénonçait la brutalité de la Tchétchénie et la complicité de Poutine. La vidéo montrant les tortures infligées à Salman Tepsurkayev a conduit à une montée des tensions dans la région. "Certaines personnes sont furieuses, appellent à prendre les armes. On peut aussi voir des posts de Tchétchènes à l'étranger qui expliquent que si leurs compatriotes tolèrent de tels actes, ils sont moralement morts", explique au Daily Beast Ekaterina Sokirianskaya, qui dirige le thinktank de surveillance des droits humains Conflict analysis and Prevention center.

"Les Tchétchènes se sentent malades, choqués et humiliés. Le Kremlin devrait réaliser à quel point les Tchétchènes respectent les traditions, nombreux d'entre-eux se sentent visés par ce viol public, une telle violation des droits est une provocation à la violence", poursuit-elle. Aucun dirigeant tchétchène ou russe n'a pris la parole.

À LIRE AUSSI : Coronavirus, le président tchétchène veut tuer les porteurs qui ne se confinent pas

Des raffles contre des LGBT+

Les autorités Tchétchènes ne sont pas étrangères aux intimidations et aux actes de torture sur les dissidents. Pendant des années, des personnes LGBT+ ont été enfermées dans des camps où elles subissaient des électrochocs et étaient battues. Certaines en sont même mortes. Des témoins qui ont réussi à s'échapper de cette région autonome de la Russie ont témoigné de raffles et de brutalités systémiques contre des hommes supposément homosexuels.

À LIRE AUSSI : LGBT+ tchétchènes, fragilisé, Macron évite cette fois le sujet face à Poutine

Les atteintes aux droits des personnes LGBT+ sont surveillées par des instances internationales. "En 2018, les États-Unis et 15 autres pays ont créé une mission d'enquête pour documenter les abus contre les personnes LGBTI, les militants des droits de l'homme, les journalistes de médias indépendants et toute autre personne qui s'est opposé à Kadyrov", rappelait Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine en juillet.

Des assassinats en Europe

À LIRE AUSSI : Tchétchénie, selon les activistes, la purge anti-LGBT s’intensifie

Ramzan Kadyrov tient la Tchétchénie d'une main de fer depuis la mort de son père en 2004. Des dissidents ont été assassinés en Europe. Début juillet, Mamikhan Oumarov a été tué par balle en Autriche. En janvier, Imran Aliev, un blogueur a été retrouvé poignardé à Lille. Toumso Abdourakhmanov, un autre blogueur critique a raconté avoir été victime d'une tentative de meurtre en février.

 

Crédit photo : Пресс-служба Президента Российской Федерации/Wikimedia Commons


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail