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Des anciens du Refuge font 36 propositions après des témoignages de dysfonctionnements

INFO TÊTU- Après des témoignages de défaillances au sein du Refuge, un audit a été commandé. Des anciens jeunes et bénévoles de l'association formulent des propositions pour améliorer le fonctionnement de la fondation.

À Montpellier, au siège du Refuge, le rapport est attendu et redouté. Un audit a été commandé après une enquête de Mediapart accablant la fondation qui vient en soutien aux jeunes LGBT+ en rupture familiale. L'article mettait en cause une "prise en charge défaillante" des jeunes, une gestion financière problématique, du possible travail dissimulé. Mais également des faits de harcèlement de la part de la direction. Cette dernière a dénoncé une "enquête à charge". Les résultats de l'audit seront présentés au Conseil d'administration de l'association ce vendredi 19 février. D'ici là, le Collectif d’anciens jeunes et bénévoles du Refuge fait 36 propositions que TÊTU dévoile.

Des formations aux LGBTphobies pour les bénévoles

Le Collectif propose notamment que les bénévoles soient formés de façon systématique à l'écoute et aux problématiques qui concernent les personnes LGBT+. Ou encore que "des procédures pour l'accompagnement et la gestion des crises" soient mises en oeuvre. Une proposition de bon sens dans une structure comme Le Refuge, qui compte 20 salariés, 400 bénévoles et 17 services civiques.

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En urgence et en gras dans le document, le collectif appelle à "mettre en place un mode d'alimentation permettant de garantir trois repas par jour de qualité à tous les jeunes". Les anciens jeunes et bénévoles du Refuge demandent qu'un suivi psychologique soit proposé aux jeunes en demande. À l'arrivée dans la structure, ils souhaitent une "consultation avec un psychologue à l’entrée dans le dispositif pour évaluer les besoins et prévenir le risque suicidaire". Les anciens jeunes proposent la création d'une ligne d'écoute à destination des jeunes pour signaler des faits de discrimination, de harcèlement ou de violence.

Droit à la vie privée

Le collectif veut aussi "clarifier les règles de fonctionnement entre les bénévoles et les jeunes hébergés pour respecter le droit à la vie privée". Les jeunes signalent un manque de sécurisation des lieux d'hébergement. "La mise en place de 'gardien de nuit' nécessiterait des moyens conséquents mais le rapport d’audit est peut-être le moyen d’obtenir un engagement de l’État plus important dans l’accompagnement des jeunes qui s’appuie de manière trop risquée sur les bénévoles", indique le document de propositions. Surtout, un règlement intérieur sur l'accueil de jour est recommandé.

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Car les jeunes font état de dérives. Notamment concernant leur droit à l'image. Ils ont témoigné d'avoir été filmés sous la contrainte. Le collectif demande de "diminuer le budget communication de la Fondation et arrêter le tournage de vidéos imposées aux jeunes et aux bénévoles". Le collectif invite également à "améliorer et à développer les relations avec le milieu associatif, notamment LGBT+".

Des décisions "arbitraires"

Concernant l'organisation de la fondation, le Collectif appelle à renouveler la gouvernance du Refuge et à écarter le directeur général et le président "dont les méthodes sont incompatibles avec les valeurs de la fondation". Ils veulent que les délégations soient représentées au sein du conseil d'administration, mais aussi que les délégués soient désignés sur proposition des bénévoles. Les délégations devraient également être plus autonomes financièrement avec un budget attribué par année civile. Les jeunes et bénévoles ont aussi témoigné d'exclusions jugées "arbitraires" demandées par la direction. Le collectif demande que "les exclusions de bénévoles, de délégués et de salariés fassent l'objet d'une décision collégiale entre le CA et les bénévoles".

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Ces propositions visent à remettre Le Refuge sur de bons rails. "Nous pensons que la fondation est utile. Elle fait un travail indispensable auprès des jeunes, mais nous ne devons pas fermer les yeux sur des dérives. Nous voulons qu'elle perdure et c'est pour cela que nous formulons des propositions", réagit auprès de TÊTU Yohann Allemand, initiateur du Collectif.

 

Crédit photo : Capture clip Le Refuge


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