Qui est Sophie Élizéon, la nouvelle patronne de la Dilcrah ?

Sophie Élizéon a été nommée à la tête de la Dilcrah. La préfète devra mettre en œuvre les politiques de lutte contre les LGBTphobies. Pour l'instant, elle ne s'est pas exprimée sur ces sujets.

Le 8 mars, journée internationale des droits des femmes, Sophie Élizéon sera officiellement la nouvelle patronne de la Dilcrah. Il reste donc quelques jours à cette préfète de l'Aude, avant de devenir la cheville ouvrière de l'État dans sa lutte contre les LGBTphobies. Elle devra également mener la lutte contre le racisme et l'antisémitisme. Sophie Élizéon s'est dite "très honorée" de rejoindre la délégation interministérielle contre le racisme, l'antisémitisme et la haine anti-LGBT.

Inconnue sur les sujets LGBT+

Sur le papier en tout cas, ce n'est pas une militante des droits LGBT+. Sophie Élizéon semble ne s'être jamais exprimée sur le sujet, tout comme Élisabeth Moreno, la ministre en charge de ces sujets, avant d'être nommée. Cette réunionnaise de 50 ans est avant tout une préfète rodée. Depuis 2012, elle occupe des postes à responsabilité, en tant que déléguée pour l'égalité des chances des Français d'Outre-mer, dans le Nord, le territoire de Belfort, l'Aude...

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Contrairement à ses deux prédécesseurs, Sophie Élizéon n'est pas énarque. Elle a fait des études à Lyon et à Pau, ville dont est originaire Frédéric Potier, l'ancien boss de la Dilcrah. Elle "veillera notamment à la mise en œuvre du Plan national d’actions pour l’égalité, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023", insiste la ministre Élisabeth Moreno, dans un communiqué. Elle devra également coordonner un plan contre le racisme et l'antisémitisme.

Accompagner les victimes du #MeTooGay

Ce n'est pas le seul dossier qui va prochainement arriver sur son bureau. Le #MeTooGay a été un électrochoc dans la communauté. En quelques heures, des milliers de témoignages ont fait état de violences au sein même de la communauté. Le suicide de Guillaume, qui avait initié ce mouvement, montre à quel point l'accompagnement des victimes doit être renforcé.

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Alors que le gouvernement a beaucoup misé sur la promotion de l'application FLAG!, de nombreuses associations dénoncent le manque d'ambition dans l'accompagnement. D'autant que la pandémie de coronavirus a dramatiquement fragilisé de nombreuses personnes LGBT+. L'Ilga remarquait le 16 février que des assos de personnes trans ont dû se transformer en banques alimentaires. De nombreux·ses travailleur·se·s du sexe n'ont plus de revenu et doivent se mettre en danger pour survivre.

Hausse "alarmante" des signalements de LGTBphobie

Elle devra également mettre en place des actions pour faire baisser les LGBTphobies. Dans son dernier rapport, SOS homophobie fait état d'une hausse "alarmante" des signalements.

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Parmi les urgences du plan, le gouvernement veut "sensibiliser toutes les professions médicales à la non-discrimination des personnes vivant avec le VIH par les professionnels de santé". Mais aussi "permettre une prise en charge médicale, notamment gynécologique, adaptée et respectueuse des lesbiennes et des femmes bisexuelles". Comme dirait De Gaulle, "vaste programme".

 

Crédit photo : Capture d'écran Facebook / Préfecture de l'Aude


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