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Dans son rapport annuel, Ilga-Europe pointe les effets de la pandémie sur les personnes LGBT+

L'Ilga-Europe regrette que le gouvernement français n'ait pas aidé les associations communautaires dans les distributions de nourriture pour les personnes trans. Elle déplore également le retard - et les manquements - du projet de loi bioéthique.

L'Ilga-Euope publie son rapport annuel sur l'état des droits des personnes LGBTI dans 49 pays d'Europe et d'Asie centrale. Le 10ème rapport regrette que dans tous les pays d'Europe la pandémie ait fragilisé les personnes LGBTI. Et la France n'est pas épargnée. Le rapport pointe notamment que de nombreuses personnes trans ont du mal à simplement avoir accès à de la nourriture. L'Ilga regrette également que le projet de loi bioéthique - qui ne va pas assez loin - prend du retard.

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Tout d'abord, l'association internationale pour le droits des personnes LGBTI remarque que la pandémie de Covid-19 a "dramatiquement touché la communauté LGBTI et notamment les personnes trans, parmi lesquelles beaucoup ont perdu leur revenu", indique l'association dans son rapport. Elle poursuit : "En France, la société civile a fait des distributions de nourriture pour ceux qui en avaient le plus besoin. Le STRASS a lancé une campagne de dons pour cela. La ministre de l'Égalité a échoué à mettre en place de telles initiatives."

Fin avril 2020, la ministre en charge de l'Egalité entre les Femmes et les Hommes et de la lutte contre les discriminations, Marlène Schiappa avait annoncé un plan d'urgence pour les jeunes LGBT+ mais avait été critiquée pour ne pas avoir mis en place de fonds spécial pour les travailleur.se.s du sexe. Dans une interview parue dans le numéro 223 de TÊTU, la ministre disait n'avoir pas trouvé de solution juridiquement satisfaisante pour que ce fond ne s'apparente pas à du proxénétisme.

Homophobie en hausse

Le doccument rappelle que dans son rapport annuel, SOS homophobie constate une hausse de 26% des témoignages reçus en 2019. L'Ilga-Europe pointe qu'un violeur a été condamné à 15 ans de prison et 50.000 euros d'amende. Dans son jugement, la Cour n'a pas voulu prendre en compte la circonstance aggravante de la lesbophobie. Pendant l'audience, la plaignante avait pourtant décrit un viol "punitif". Lorsqu'il l'a violée, le jeune homme lui aurait lancé "tu kiffes les meufs, je vais te faire kiffer". D'une manière générale, les actes LGBTphobes sont légion.

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Toujours en discussion après de nombreux mois de retard, le projet de loi bioéthique peine à susciter l'enthousiasme des militants LGBTQI+. Le rapport annuel pointe que cette loi ne comprend pas d'interdiction des mutilations des personnes intersexes. L'Ilga-Europe regrette que cette loi interdise la transcription automatique des états civils lors d'une GPA réalisée à l'étranger, contrairement à la jurisprudence. D'ailleurs, la cour de cassation a refusé de reconnaître le statut de mère à une mère transgenre.

Des mesures retardées

Une proposition de loi pour interdire les "thérapies de conversion" a été écrite, mais elle est embourbée dans son processus législatif. Le ministère de la Santé a réduit la durée d'abstinence demandée aux hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes (HSH). De nombreux militants LGBTQI+ appellent à la suppression de cette différence de traitement avec les hommes hétéros. Cette suppression a été votée lors de la seconde lecture du projet de loi bioéthique, qui se fait, une fois de plus attendre.

La peur des précédents polonais et hongrois

Ce rapport "clarifie que les progrès qui ont été pris pour acquis ne sont pas seulement fragiles, mais particulièrement vulnérables face à des forces contre les droits de l'hommes", souligne l'Ilga-Europe. "On peut voir une augmentation considérable des discours de haine contre les personnes LGBTI. (...) Dans plusieurs pays, des contributeurs du rapport ont manifesté la peur que les gouvernements suivent les pas de la Pologne et de la Hongrie", indique Evelyne Paradis, directrice exécutive d'Ilga-Europe.

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"C'est très important de voir que la Commission européenne ait mis en place une stratégie pour les droits des personnes LGBTI dans l'UE et que la présidente ait eu des mots durs pour condamné les attaques contre les personnes LGBTI. Ce sont des pas qui vont dans la bonne direction, mais ils doivent être accompagnés d'actions similaires au niveau national", pointe Katrin Hugendubel, directrice du plaidoyer.

 

Crédit photo : Lukasz Kobus / Commission européenne


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