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À Nice, le Rassemblement national accuse le Centre LGBT de poursuivre un « agenda politique »

Lors du Conseil municipal de Nice, l'élu RN Philippe Vardon a accusé le Centre LGBT de la Côte d'Azur d'être militant. Alors qu'il devait voter une subvention sportive, il l'a associé à une organisation "communautariste".

Pour le RN, les associations LGBT+ sont "des associations discutables". Jeudi 25 mars, lors du Conseil municipal de Nice, l'élu Rassemblement national Philippe Vardon a regretté une subvention au Centre LGBT de la Côte d'Azur. Il lui reproche de "poursuivre un agenda politique". Le Centre LGBT s'en défend.

"Des associations discutables"

Le Conseil municipal a voté un ensemble de subvention à des associations sportives. "Qui dans notre assemblée ne voterait pas des subventions au stade niçois, qui fait de nouveau la fierté du rugby azuréen, à nos clubs d'arts martiaux, nos clubs boules, etc. Mais au milieu, vous ne pouvez pas résister à glisser des associations qui sont bien plus discutables", lâche-t-il en réunion par visio.

L'élu du Rassemblement national pointe trois associations : le Centre-LGBT, l'association P@je ou encore Légion Nice. "Des associations dont au premier abord, on ne perçoit pas la dimension sportive. Des associations qui poursuivent un agenda militant, politique ou intervenant dans le champ électoral (...). Il en est ainsi du centre LGBT ou de l'association Paje qui ont, à plusieurs reprises, appelé à voter pour vous ou pour vos candidats. (...) J'attire votre attention sur le club Légion Nice au caractère communautaire affirmé, qui se présente comme les Tchétchènes de Nice. (...) Nous voterons pour cette délibération eu égard à tous les clubs concernés, tout en précisant que nous sommes contre les subventions à ces trois organismes.", lance-t-il pêle-mêle.

"Communautarisme"

La majorité municipale a répondu que "ce sont les activités sportives que nous soutenons, très clairement". Puis, au lieu de défendre l'intérêt d'une subvention sportive à une fédération d'association LGBTQI+, Christian Estrosi, le maire a répondu que : "s'il y a la moindre preuve d'une action communautariste, et si vous me l'apportez, j'en tiendrai compte, immédiatement, les clubs perdraient le bénéfice de leur subvention et la mise à disposition d'équipement sportif de la ville". À aucun moment, les deux hommes n'ont expliqué ce qu'ils entendaient par communautarisme.

Sur Twitter, le président du Centre LGBT de la Côte d'Azur a indiqué qu'il préside "une association impartiale, qui porte des combats politiques universels pour l’égalité et le respect de chacun, et qui mène un travail social reconnu sur le sujet". Alors qu'il était accusé de mener un combat politique, Erwann Le Hô rappelle que "l’ex chef du Bloc Identitaire parle du 2e tour des dernières élections régionales où nous avons appelé à battre Marion Maréchal Le Pen, qui remet en question avortement, le mariage pour tous et dont la famille politique soutient des pouvoirs qui dans le monde pourchassent les LGBT+".

Et de conclure que "nous continuerons à faire face et nous opposer aux mouvements, quels que soient leurs couleurs politiques, qui veulent que perdurent les discriminations et qui s’attaquent aux droits des femmes et aux droits des LGBT."

 

Crédit photo : Capture d'écran Conseil municipal Nice


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