lobby réacViktor Orbán battu en Hongrie : Le Pen, Bardella et Zemmour pleurent un allié

Par Nicolas Scheffer le 13/04/2026
Viktor Orbán, premier ministre de Hongrie entre 2010 et 2026, a concédé sa défaite aux élections législatives du 12 avril

Les élections législatives en Hongrie ont acté la chute du gouvernement de Viktor Orbán, en poste depuis seize ans. Du duo Bardella-Le Pen à Giorgia Meloni en passant par Éric Zemmour, le chœur des leaders de l'extrême droite française et européenne n'en finit plus de chanter ses louanges.

Gueule de bois pour l'internationale réactionnaire au lendemain de la défaite de Viktor Orbán. Premier ministre de la Hongrie depuis 2010, celui qui cultivait ses liens avec Donald Trump comme avec Vladimir Poutine était aussi le phare de l'extrême droite en Europe. Jusqu'à sa cuisante défaite ce dimanche 12 avril lors d'élections législatives qui ont ont suscité une participation de 80%, soit un record depuis la chute du communisme. Si bien qu'ayant obtenu, avec son parti Respect et liberté (Tisza, de centre-droit), une majorité de 138 députés sur 199, son opposant principal, l'eurodéputé Péter Magyar, peut plastronner : "Le  peuple hongrois n'a pas voté pour un simple changement de gouvernement, mais pour un changement de régime complet."

À Bruxelles, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, ne cache pas son soulagement de voir enfin partir le dirigeant autoritaire, pourfendeur des principes démocratiques garantis par l'Union européenne, jusqu'à interdire par exemple toute manifestation LGBT. "La Hongrie a choisi l'Europe. L'Europe a toujours choisi la Hongrie, écrit-elle sur X. Un pays reprend son chemin européen. L'Union devient plus forte."

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Le Pen, Bardella, Zemmour

Du président argentin, Javier Milei, au vice-président américain, J. D. Vance, qui ont tous deux fait le déplacement en Hongrie durant la campagne électorale, l'internationale réactionnaire aura en revanche tout tenté pour sauver le soldat Orbán, malgré ses multiples attaques contre l'État de droit et les scandales de corruption qui l'ont acculé. La voilà qui persiste et signe après sa chute : "Je remercie mon ami Viktor Orbán", écrit la cheffe du gouvernement italien, Giorgia Meloni, en écho avec Alice Weidel, la dirigeante du parti allemand d'extrême droite AfD, qui adresse "un grand merci sincère à Viktor Orbán".

En France, Marine Le Pen loue l'"élégance" avec laquelle le Premier ministre défait a accepté le verdict des urnes, y voyant la marque du "dirigeant d'exception" qu'elle était également allée soutenir, le 23 mars à Budapest, aux côtés de la crème de l'extrême droite européenne : l'Italien Matteo Salvini, le Néerlandais Geert Wilders ou encore l'Espagnol Santiago Abascal. Et la Française de saluer le "courage" et la "détermination" de celui qui l'avait soutenue à la présidentielle en 2022, avant de proclamer "Je suis Marine !" lors de sa condamnation judiciaire il y a un an.

Éric Zemmour a la même analyse que sa rivale du Rassemblement national (RN), estimant que Viktor Orbán "a bien mérité de la Hongrie" en quittant le pouvoir "comme un démocrate" après avoir "certainement sauvé son pays de l'invasion migratoire et des délires wokes de la Commission européenne". Le président du RN, Jordan Bardella, se joint à ces hommages, saluant en son allié européen "un grand patriote" qui aura "promu des politiques familiales qui ont permis de protéger la natalité, et défendu les frontières de son pays et de l'Europe face aux flux migratoires". Une vraie chanson de geste.

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Crédit photo : Attila Kisbenede / AFP

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