facebook

Insultée parce que lesbienne, une restauratrice de Toulouse dénonce la multiplication des agressions

Eva, victime d'insultes lesbophobes à Blagnac, près de Toulouse

Un homme a menacé de viol une restauratrice lesbienne en banlieue de Toulouse. Elle lui demandait simplement de déplacer sa camionnette qui bloquait son parking.

"C'était purement gratuit", constate Eva. Il est un peu moins de 10 heures du matin, le mardi 1er juin, lorsque la restauratrice retrouve son établissement à Blagnac, près de Toulouse. Une camionnette est garée devant le portail, alors Eva baisse la fenêtre. Pas un "bonjour" mais "je vais t'enculer avec ta tête de Butch. Tu mérites que je t'encule", lui lance le conducteur. Face à la violence de l'agression, Eva a porté plainte vendredi dernier.

"Je ne suis pas facile à intimider, mais là...", témoigne la victime auprès de TÊTU. Depuis son agression, elle dit avoir du mal à dormir. "Le pire, c'était son regard. Là, j'avais vraiment peur qu'il descende de sa voiture pour me violer", raconte-t-elle au téléphone. Quand le conducteur commence à l'insulter, Eva est surprise. "J'étais sur le choc et il a continué à m'insulter". Il lui lance un fleuri : "Les lesbiennes comme toi, on leur met la bite dans la bouche". Elle sort alors son téléphone pour prendre en photo sa plaque d'immatriculation. "C'est à ce moment qu'il est parti", poursuit-elle.

"Une agression homophobe par an"

Des agressions à caractère lesbophobe, Eva en a reçue une flopée dans sa carrière de restauratrice. "Depuis que nous nous sommes installées il y a cinq ans, nous sommes la cible d'une agression homophobe par an. Cela devient trop régulier pour ne pas être souligné", souffle-t-elle. Au commissariat, le caractère aggravant de l'agression a bien été pris en compte, "mais j'ai un peu peur des représailles", dit la quadragénaire.

LIRE AUSSI >> Viol lesbophobe reconnu : Anne, victime du procès d’Aix, salue « un saut dans le 21e siècle »

"Ma compagne, Billy, a été insultée de 'cochon pédale' il y a quelques mois. La violence est de plus en plus forte et régulière. Il faut que cela cesse", martèle Eva. Le dernier rapport de SOS homophobie fait en effet état d'une hausse des agressions de la part de la famille et du voisinage : 13% du total, contre 8% l'année précédente. Les témoignages reçus par l'association sont malgré tout moins nombreux, notamment en raison du confinement.

LIRE AUSSI >> Piégés sur un chat gay : le fléau des guet-apens homophobes

Crédit photo : DR


Sur le même sujet

TÊTU
TÊTU La crème
de l'actualité LGBT
Toutes les semaines, dans votre boite mail