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La justice demande des comptes à Twitter sur sa lutte contre la haine en ligne

Plusieurs associations ont poursuivi Twitter en justice. Le réseau social est accusé de ne pas faire son travail de modération des contenus haineux. La justice demande à la plateforme de détailler ses moyens.

"Un grand pas", selon les associations de lutte contre les discriminations. Ce mardi 6 juillet, la justice a ordonné à Twitter de les informer des moyens mis en oeuvre pour lutter contre la haine en ligne. Le réseau social a deux mois pour répondre à cette demande de SOS homophobie, SOS racisme, l'ONG J'accuse ainsi que l'Union des étudiants juifs de France (UEJF), notamment.

Les associations poursuivent l'oiseau bleu devant le tribunal de Paris depuis mai 2020. Elles accusent Twitter de manquer de façon "ancienne et persistante" à ses obligations en matière de modération. La modération du réseau social est un "épais mystère", disent-elles.

Une médiation qui échoue

Mardi, le tribunal a ordonné la communication de "tout document administratif, contractuel, technique ou commercial relatif aux moyens matériels et humains mis en oeuvre" pour "lutter contre la diffusion des infractions d'apologie de crimes contre l'humanité, d'incitation à la haine raciale, à la haine à l'égard de personnes à raison de leur sexe".

Twitter devra également détailler "le nombre, la localisation, la nationalité, la langue des personnes affectées au traitement des signalements provenant des utilisateurs de la plateforme française". Mais aussi, "le nombre de signalements", "les critères et le nombre des retraits" depuis le 18 mai 2020. Twitter a indiqué à l'AFP étudier un appel de la décision.

"Twitter s'est pleinement engagé tout au long de la procédure et a travaillé de concert avec les associations pour tenter de trouver un accord, notamment dans le cadre de la médiation", a assuré un porte-parole à l'AFP. Mais les associations ne le voient pas de cet oeil.

Une augmentation des contenus haineux

Une médiation a été tentée, mais les associations ont estimé ne pas avoir suffisamment de gages de la part du réseau social. "Nous avons mis fin à cette médiation parce que nous n’avons pas obtenu de réponses à nos questions", déclarait a présidente de l'UEJF, Noémie Madar. Les associations ont constaté une augmentation de 43% des contenus haineux sur Twitter pendant le premier confinement. Les contenus LGBTphobes étaient eux en augmentation de 48%. Après avoir signalé 1.110 tweets haineux sans équivoque, les associations ont constaté que seulement 12% des messages ont été supprimés en moins de cinq jours.

"Il était temps que la justice mette un pied dans la porte", s'est félicité Stéphane Lilti, l'avocat de l'UEJF et de SOS homophobie. "C'est la première fois que la justice sanctionne cette obligation de coopération des plateformes qui doivent concourir à la lutte contre le racisme, l'antisémitisme et l'homophobie", a-t-il déclaré. "On se réjouit que Twitter soit enfin condamné à rendre des comptes, c'est un grand pas vers la fin de l'impunité et la fin du chaos numérique", a ajouté Ilana Soskin, avocate de l'association J'accuse.

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Le lendemain de cette décision, le mercredi 7 juillet, les magistrats ont également prononcé un jugement important. Onze personnes ont été condamnées à de la prison avec sursis, reconnues coupables d'avoir cyberharcelé Mila. La jeune femme lesbienne avait reçu des milliers de messages l'appelant au suicide après un post publié en novembre dernier. Depuis, la lycéenne a dû quitter son établissement scolaire et vivre sous protection policière.

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Crédit photo : Freestocks


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