coming outComing out au travail : en France, 36% des personnes concernées y voient un désavantage

Par Nicolas Scheffer le 11/10/2021
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Une étude du cabinet BCG en partenariat avec TÊTU montre que faire son coming out au bureau reste souvent difficile.

En parler ou non, telle est encore souvent la question. Au travail, le coming out est encore loin d'être une formalité. En ce lundi 11 octobre, journée internationale du coming out, le cabinet Boston Consulting Group (BCG) dévoile en partenariat avec TÊTU des chiffres préoccupants sur la difficulté de se révéler au bureau. Ainsi en France, seules 8% des personnes LGBTQ+ considèrent le coming out comme un avantage au travail, loin derrière la moyenne internationale (24%), selon l'étude menée sur 8.800 répondants, dont 61% s'identifient comme LGBTQ+, dans 19 pays.

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En France, un actif sorti du placard sur trois (36%) pense que faire son coming out est même un désavantage qui peut nuire à sa carrière. Sur ce point, la France se place à l'avant-dernier rang des pays analysés. Pire que la Chine, où 31% des salariés out pensent que c'est un désavantage, le Royaume-Uni (21%), l'Allemagne (19%) ou encore les États-Unis où seuls 9% des salariés out pensent que le coming out est un handicap pour la carrière. En France, 57% des salariés pensent qu'un coming out n'a pas d'incidence sur la carrière contre 65% en Norvège.

Le coming out permet d'être intégré dans l'entreprise

Pourtant, être out permet au contraire de se rapprocher de ses collègues : 80% des personnes LGBTQ+ qui ont fait leur coming out au travail témoignent y avoir noué des relations amicales, contre 45% de celles qui ne l'ont pas fait. Pas étonnant : lorsqu'on est out, on peut plus facilement parler de sa vie personnelle/familiale, de ses difficultés au quotidien...

Cela permet aussi de faire part des difficultés qu'on rencontre. La moitié (54%) des Français LGBTQ+ déclare avoir été victime de discrimination sur le lieu de travail : plaisanterie déplacée, manque de prise au sérieux, mise à l'écart... Lorsqu'ils sont partiellement out, les collaborateurs LGBTQ+ sont 9% de plus à être discriminés que ceux qui le sont totalement. Plus grave, pour les personnes transgenres et non-binaires, les accrocs sont presque systématiques : sept salariés transgenres sur dix (72%) déclarent avoir été victimes de discrimination dans l'entreprise.

Des mesures pour un safe space

Pas toujours évident, le coming out se fait dans l'ensemble tôt dans la carrière. En moyenne dans les différents pays analysés, 70% des personnes concernées ont parlé de leur orientation sentimentale dès la première année de leur embauche. Ensuite, les autres pensent que c'est trop tard : deux tiers des salariés qui n'ont pas parlé de leur orientation la première année ne le font pas plus tard.

Les entreprises ont des outils pour devenir un safe space. Le cabinet BCG propose 12 mesures comme la mise en place de toilettes neutres, des formulaires administratifs non-binaires, une couverture médicale qui couvre les partenaires de même sexe... Autre mesure proposée : la visibilité des roles models. Ces personnes LGBTQI+ ou alliées dans l'entreprise peuvent être des ressources à qui faire part de ses difficultés. Elles sont aussi une manière pour les directions de dire à leurs employés dans le placard qu'ils et elles comptent pour l'entreprise, quelle que soit leur orientation sexuelle ou amoureuse.

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Étude réalisée sur 8.800 participants dans 19 pays (Australie, Autriche, Belgique, Brésil, Canada, Chine, Danemark, France, Allemagne, Inde, Mexique, Pays-Bas, Norvège, Afrique du Sud, Espagne, Suède, Suisse, Royaume-Uni et États-Unis). Parmi eux, 61% s'identifient comme LGBTQ+.

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