PolitiquePour Zemmour et Le Pen, baiser l'anneau d'Orban est une étape de la campagne 2022

Par Thomas Vampouille le 25/10/2021
Marine Le Pen va

L'homophobie crasse portée par le Premier ministre hongrois Viktor Orban met aussi bien en pâmoison Marine Le Pen que son rival Éric Zemmour. Tous deux relaient ses amalgames nauséabonds sous le couvert de la protection de l'enfance, et font en vue de 2022 le pèlerinage à Budapest.

Entre le Rassemblement national (RN) et Éric Zemmour, depuis cet été, c'est à qui prendra la plus belle photo avec Viktor Orban. En faisant adopter le 15 juin dernier une loi homophobe et transphobe surfant allègrement sur l'amalgame entre homosexualité et pédophilie, l'actuel Premier ministre de Hongrie s'est attiré, dans l'ouest de l'Europe, les foudres des défenseurs des droits humains mais aussi les oeillades enamourées de l'extrême droite française.

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Première à soutenir le Hongrois dans son offensive rétrograde, Marine Le Pen avait repris, dans les jours suivant l'adoption de sa loi anti-LGBTQI+, mot pour mot sa rhétorique consistant à lier homosexualité et danger pour les enfants : "Je pense qu’il ne faut faire la promotion d’aucune sexualité auprès des mineurs". Joignant le geste à la parole, la présidente de l'ex-FN, candidate à sa troisième élection présidentielle, a prévu d'aller rencontrer ce mardi 26 octobre son modèle en chair et en os, à Budapest.

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Concours du plus Orban entre Zemmour et Le Pen

Ce faisant, Marine Le Pen montre qu'elle ne compte pas abandonner à son rival non déclaré, Éric Zemmour, la figure convoitée du dirigeant ultraconservateur et nationaliste. Le polémiste s'est en effet aussi rendu à Budapest, fin septembre, baiser l'anneau d'Orban en marge d'un sommet anti-immigration rassemblant la crème de l'extrême droite mondiale, dont l'ex-vice président de Donald Trump, Mike Pence, ainsi que la plus jeune Le Pen, Marion Maréchal.

Sortant de son tête-à-tête avec le Hongrois, Éric Zemmour lui avait déclaré sa flamme : "J'admire sa politique, j'admire sa résistance à l'air du temps", en particulier face à "la propagande totalitaire menée par le lobby LGBT". Tellement inspirant que s'il confirme sa candidature à l'élection présidentielle, a-t-il encore indiqué ce dimanche 24 octobre sur RTL, Éric Zemmour compte revenir dans son programme sur l'ouverture de la PMA ; quant à abroger aussi le mariage pour tous, dont il répète que cela "a été une erreur", il nous accorde le suspense : "On verra".

"J'admire sa politique, j'admire sa résistance à l'air du temps"

Éric Zemmour

Histoire de ne pas lui laisser le monopole de l'orbanisme primaire, Nicolas Bay, eurodéputé du parti de Marine Le Pen qui lui aussi a fait "il y a dix jours" le pèlerinage à Budapest, a récité ce lundi 25 octobre sur France 2 son catéchisme anti-LGBTQI+ en soutenant à nouveau l'initiative de Viktor Orban : "Cette loi vise à protéger les enfants contre la pédophilie et en effet, elle inclut un volet pour empêcher la propagande LGBT dans les écoles ; eh bien ça me semble tout à fait raisonnable et on devrait s'en inspirer !" Et d'ajouter benoîtement : "Mais quelles sont les valeurs [d'Orban] avec lesquelles on pourrait ne pas être d'accord ?"

Bref, si vous cherchez à expliquer à votre entourage ce que serait une France présidée par l'ex-FN ou bien Éric Zemmour, décrivez-lui l'original : la Hongrie de Viktor Orban.

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