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Homophobie : l’air de rien, Marine Le Pen reprend la rhétorique d’amalgame d’Orban en Hongrie

Marine Le Pen sur France Inter

Invitée de la matinale de France Inter ce mercredi, Marine Le Pen a refusé de condamner la nouvelle loi anti-gay votée en Hongrie. Au contraire, la présidente du RN est apparue en ligne avec la rhétorique homophobe du Premier ministre Viktor Orban, qui alimente l'amalgame entre homosexualité et pédophilie.

Serait-elle ouverte à une importation en France de la législation homophobe portée par l'extrême droite en Hongrie ? Invitée de la matinale de France Inter ce mercredi 23 juin, Marine Le Pen n'a pas voulu condamner la loi anti-LGBT récemment votée à Budapest au prétexte d'interdire la "promotion de l'homosexualité" auprès des mineurs. Au contraire, la présidente du Rassemblement national (RN) a repris mot pour mot la rhétorique de Viktor Orban, déclarant : "Je pense qu’il ne faut faire la promotion d’aucune sexualité auprès des mineurs".

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Poutine, Orban, Le Pen : même combat ?

"Je suis tout à fait opposée à quelque discrimination que ce soit", prend soin d'assurer Marine Le Pen, tout en répétant : "Laissons les mineurs tranquilles." La protection des mineurs, un discours de bonne mère de famille en apparence, sauf qu'il n'est pas innocent dans ce contexte. C'est bien cette rhétorique qui permet à Viktor Orban, Premier ministre en Hongrie, ou à Andrzej Duda, le président polonais, de justifier des lois discriminatoires pour les personnes LGBTQI+ via un amalgame empoisonné, constamment entretenu, entre homosexualité et pédophilie.

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Les conséquences LGBTphobes de ce type de rhétorique porté au pouvoir ne sont pourtant guère difficiles à constater en Europe de l'Est. Rien qu'en Hongrie, elle a par exemple permis d'interdire une simple publicité de Coca Cola montrant des couples homosexuels. Aussi visé, un conte de fée inclusif dont les personnages sont LGBTQI+. Les militants des droits LGBTQI+ soulignent que la nouvelle loi hongroise est d'ailleurs un copier/coller pur et simple de celle adoptée en 2013 dans la Russie de Vladimir Poutine, où elle a notamment été utilisée pour interdire des marches des fiertés. Avant d'essaimer en Pologne, où l'on ne compte plus les alertes au sujet de la place des personnes LGBTQI+.

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La nouvelle loi hongroise "valide la stigmatisation et les préjugés envers les personnes LGBT+, entraînant discrimination et violence", alerte Human Rights Watch. Et ce n'est pas le premier texte que la Hongrie adopte pour revenir sur les droits des personnes LGBTQI+. En décembre dernier, un paquet législatif a été voté pour inscrire dans la Constitution le mariage comme l'union de deux personnes de sexe opposé, interdisant en outre de fait l'adoption aux couples homos. "Le gouvernement hongrois profite du chaos lié au Covid pour mettre en application des reculs jamais vus pour les droits des personnes LGBTI", analysait pour TÊTU Sébastien Tüller, responsable des questions LGBTI chez Amnesty international.

Viktor Orban ne se cache même pas : il a promis une "nouvelle ère" culturelle fondée sur les "valeurs chrétiennes". Un discours qui trouve de l'écho dans l'extrême droite française. "À l'instar de Viktor Orban en Hongrie, Marine Le Pen veut museler les associations LGTBQI+. Une fois privés de toute parole collective, les groupuscule néonazis qui sont les alliés objectifs de son parti pourront alors faire le ménage comme en Russie", a réagi Matthieu Gatipon, porte-parole de l'Inter-LGBT.

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Crédit photo : Flickr/staffpresi_esj


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