transphobieRefus d'examiner une femme trans : un gynécologue condamné pour outrage sexiste

Par têtu· avec AFP le 05/12/2025
Transidentité, soins et Assurance maladie

Un gynécologue palois de 64 ans avait refusé, en 2023, d'examiner une patiente transgenre avant de l'insulter en ligne. Ce jeudi 4 décembre, il a été condamné pour outrage sexiste, mais a été relaxé du motif de discrimination.

Au tribunal correctionnel de Pau, un gynécologue palois a justifié son refus de prise en charge d'une patiente transgenre par un manque de compétence. Poursuivi pour avoir refusé d'examiner Emme, une femme transgenre de 26 ans, il a été relaxé du motif de la discrimination, mais condamné, ce jeudi 4 décembre, à une amende de 1.000 euros avec sursis pour outrage sexiste en raison de propos transphobes tenus dans la foulée sur internet. L'Ordre des médecins l'avait déjà sanctionné, en décembre 2024, par six mois d'interdiction d'exercer, dont cinq avec sursis.

À lire aussi : Soins gynécologiques : oui, les personnes trans sont aussi concernées

En août 2023, inquiète d'une douleur et d'une grosseur mammaire et redoutant d'être atteinte d'un cancer, Emme, en parcours d'affirmation de genre depuis 2020, avait pris rendez-vous sur Doctolib avec le gynécologue. Alors qu'elle est dans la salle d'attente, celui-ci l'informe par le biais de sa secrétaire de son refus de l'examiner. La jeune femme quitte alors le cabinet en pleurs, sans même avoir vu le médecin.

Ce dernier se justifie par son manque d'expertise. "Je n'ai jamais vu dans ma carrière une glande mammaire chez un homme [sic] sous traitement hormonal depuis trois ans", justifie le médecin de 64 ans devant le tribunal correctionnel de Pau, assurant qu'il comptait réorienter la patiente vers "un spécialiste".

Le lendemain, le compagnon d'Emme dénonce la manière dont elle a été traitée dans un avis sur Google. "Je déconseille, plus jamais", écrit-il. En réponse de quoi le gynécologue répond ne prendre en charge que "des vraies femmes". "Je n'ai aucune compétence pour m'occuper des hommes, même s'ils se sont raser [sic] la barbe et viennent dire à ma secrétaire qu'ils sont devenus femmes. […] Je vous remercie d'avoir informé les personnes trans de ne jamais venir me consulter", poursuit-il.

"Culpabilité reconnue"

La transphobie de l'insulte est alors dénoncée par SOS homophobie qui, quelques jours plus tard, rappelle sur X "les conséquences graves" de la transphobie dans l'accès à la santé. "J'ai regretté le message, j'étais en colère, c'est maladroit et déshonorant, je le reconnais et je le regrette encore, j'ai fait beaucoup de peine à beaucoup de gens. Je suis désolé", a déclaré ce jeudi le prévenu.

"[Ce] jugement [est] accueilli avec soulagement, sa culpabilité a été reconnue, a commenté Me Victor Casellas, l'avocat d'Emme, cité par Le Parisien. Cette audience a permis un vrai débat juridique qui mériterait de se poursuivre en appel. Les médecins gynéco ne pourront plus prétendre qu’ils ne peuvent pas soigner les personnes trans". En juillet dernier, la Haute autorité de santé a publié de premières recommandations sur la prise en charge médicale des adultes transgenres.

À lire aussi : La Haute autorité de santé reconnaît enfin l'autodétermination des adultes

Crédit photo : Shutterstock

transphobie | santé | justice | news