justiceRumeurs et insultes contre Brigitte Macron sur internet : 10 condamnations au tribunal

Par têtu· avec AFP le 05/01/2026
Brigitte Macron.

Dix personnes étaient jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir diffusé ou relayé sur internet des insultes et rumeurs concernant l'épouse d'Emmanuel Macron, notamment sur sa prétendue transidentité.

Le tribunal a relevé une "volonté de nuire à la plaignante". Dix personnes ont été condamnées ce lundi 5 janvier par le tribunal correctionnel de Paris pour le harcèlement en ligne de Brigitte Macron. Elles ont été reconnues coupables, a développé lors du délibéré le président du tribunal Thierry Donard, d'avoir "publié ou relayé" dans des "termes malveillants, dégradants et insultants" des rumeurs sur le genre de l'épouse du président de la République ainsi que des propos sur sa "prétendue pédocriminalité", le couple de 24 ans d'écart s'étant rencontré lorsqu'elle enseignait le théâtre dans le lycée d'Emmanuel Macron à Amiens (Somme).

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Dans le détail, huit des dix prévenus ont été condamnés à des peines de quatre à huit mois de prison avec sursis. Une peine de six mois de prison ferme a été infligée à l'un des prévenus qui était absent à ce procès très médiatisé, les 27 et 28 octobre derniers. Quant au dernier des condamnés, il écope simplement d'un stage de sensibilisation et d'une amende, auxquels ses neuf co-prévenus ont également été condamnés : tous devront ainsi, à leurs frais, suivre un stage de sensibilisation au "respect des personnes dans l’espace numérique" et s'acquitter d'une amende solidaire de 10.000 euros.

Brigitte Macron veut montrer l'exemple

Seuls deux des 10 prévenus, âgées de 41 à 65 ans et originaires de toute la France, étaient présents au délibéré. Les cyberharceleurs jugés les plus influents sur les réseaux sociaux, qualifiés d'"instigateurs" lors du procès par le procureur Hervé Tétier, ont été condamnés aux peines avec sursis les plus lourdes : huit mois pour l'écrivain Aurélien Poirson-Atlan, alias Zoé Sagan, six mois pour la médium Amandine Roy et le galeriste Bertrand Scholler. Les trois ont l'interdiction d'utiliser leurs comptes sur les réseaux sociaux pendant une durée de six mois. "L'important sont les stages de prévention et la suspension des comptes", a salué Me Jean Ennochi, l'avocat de Brigitte Macron, à l'issue du délibéré.

Absente du procès, Brigitte Macron avait expliqué aux enquêteurs, lors de dépôt de plainte fin août 2024, que la rumeur la présentant comme une femme transgenre avait eu "un très fort retentissement" sur son entourage et sur elle-même, rapportant que ses petits-enfants entendaient dire que "leur grand-mère est un homme". Devant le tribunal, sa fille Tiphaine Auzière avait confirmé l'impact de cette infox mondiale sur la santé de sa mère, "en permanence sur le qui-vive" face à la remise en cause continuelle de son "identité". Et l'intéressée de marteler, ce dimanche au JT de 20H sur TF1 : "Moi, je me bats, à longueur de temps. Je veux aider les adolescents à se battre contre le harcèlement. Mais si je ne (...) montre pas l'exemple, ça va être difficile."

Transidentité et pédophilie…

Sur son compte X, aujourd'hui suspendu, Zoé Sagan (41 ans) avait qualifié les 24 ans qui séparent les époux Macron de "crime sexuel" et de "pédophilie cautionnée par l'État". Amandine Roy (51 ans) est quant à elle à l'origine d'une vidéo virale de quatre heures, publiée en 2021 et désormais retirée, affirmant que Brigitte Macron n'aurait jamais existé et que son frère, Jean-Michel Trogneux, aurait pris son identité après avoir changé de genre. Condamnée pour diffamation en septembre 2024 (dans un autre procès), elle a été relaxée en appel le 10 juillet. La première dame, qui s'est pourvue en cassation avec son frère, avait expliqué que cette vidéo réalisée avec Natacha Rey – qui ne comparaît pas à ce procès – avait largement contribué à amplifier la rumeur.

Également absent de ce procès pour cyberharcèlement, Xavier Poussard, dont le cas a finalement été disjoint car il vit à Milan, est présenté comme l'autre grand instigateur de cette infox mondiale. Auteur du best-seller Becoming Brigitte ("Devenir Brigitte"), il s'est associé à l'influenceuse américaine Candace Owen contre laquelle le couple présidentiel a engagé cet été des poursuites aux États-Unis. La podcasteuse conspirationniste de 36 ans a en effet publié une série de vidéos basée sur le livre de Xavier Poussard dont la viralité a donné un écho mondial à la rumeur transphobe. Plusieurs prévenus jugés à Paris ont relayé ses publications, notamment une couverture détournée du magazine Time présentant Brigitte Macron en "homme de l'année". La plupart des prévenus avaient exprimé leur surprise d'avoir à se justifier de posts "satiriques", invoquant la liberté d'expression ou le droit d'informer face à une vérité "cachée".

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Crédit photo : Ludovic Marin / AFP